L’amazighité trouble le Congrès de l’AMDH

L’amazighité trouble le Congrès de l’AMDH

Le septième Congrès national de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) s’est partiellement achevé dimanche dernier sur une note négative. En effet, les membres de l’association, affiliés au parti de la Gauche Socialiste Unifiée (GSU), se sont carrément retirés du Congrès, en signe de protestation contre les « irrégularités qui ont entaché le déroulement des travaux du congrès ainsi que la politisation de ses enjeux ».
Plusieurs points ont été passionnément débattus. C’est le cas de la stratégie future de l’AMDH, son intervention dans les questions purement politiques, le rôle des jeunes, la refonte des statuts… Toutefois, la question de l’amazighité et sa constitutionalisation, en tant que langue nationale, a été au coeur des débats des congressistes.
Les trois principales composantes politiques de l’AMDH n’étaient pas toutes d’accord pour soutenir l’idée de constitutionnaliser la langue amazighe. Ainsi, les militants du Parti de l’avant-garde démocratique socialiste (PADS) étaient totalement contre cette notion de reconnaissance de la langue amazighe par la loi fondamentale, alors qu’Annahj Addimocrati et la Gauche Socialiste Unifiée la soutenaient plus ou moins fermement. Habituellement, la laïcité occupait l’essentiel des débats des militants de l’AMDH lors des congrès, mais cette année, ce fut l’amazighité qui entrava le déroulement normal du septième congrès. La question amazighe était constamment présente lors des travaux des commissions. L’opposition entre les deux camps étaient rude. Finalement, dans la déclaration générale, à l’issue des travaux des commissions, le paragraphe concernant cette question amazigh a été rédigé de manière favorable à la thèse des militants d’Annahj et de la GSU. Evidemment, le grand perdant de ce bras de fer fut le PADS. S’il a perdu la bataille, ce même PADS avait la ferme intention de gagner la guerre. Et pour cause, l’étape la plus importante, et stratégique, est celle de l’élection des instances dirigeantes, essentiellement la commission administrative. Selon un congressiste indépendant, « le PADS a exercé un véritable chantage contre Annahj Addimocrati « . En effet, les militants du PADS ont menacé de se retirer des travaux du Congrès si Annahj ne se rallie pas à eux pour faire barrage au GSU. Le mot d’ordre était simple: « aucun militant GSU dans la commission administrative ». Résultat: le PADS a fini par avoir gain de cause.
La commission administrative de l’AMDH est désormais composée de 23 militants du PADS, 21 d’Annahj Addimocratri et 7 personnalités indépendantes. Aucun siège pour la GSU.
C’est la raison pour laquelle, dimanche prochain, la GSU a décidé de se retirer. L’élection du nouveau président de l’AMDH a été reportée au dimanche. Mais déjà, Abdelhamid Amine, le président sortant, est présenté comme le favori.
Le septième Congrès de l’AMDH a apporté plusieurs nouveautés. Citons, notamment, la possibilité d’adhérer à l’AMDH dès l’âge de 15 ans. Dans un souci de renouvellement des cadres et pour injecter régulièrement du sang neuf au sein des instances dirigeantes, désormais, un membre de la commission administrative ne peut exercer trois mandats consécutifs.
Une autre nouveauté concerne les membres permanents de l’AMDH. Il s’agit des employés et cadres détachés par l’Etat et mis à la disposition de l’AMDH, une association d’utilité publique.
Ces cadres ne peuvent plus siéger au sein du bureau central.Aussi, le septième Congrès de l’AMDH a décidé, pour la énième fois, d’ailleurs, de créer un Conseil d’administration pour le centre d’information et de documentation (CID). Créé en 1998 avec le soutien de l’Union Européenne, le CID est le premier centre spécialisé dans la matière des droits de l’Homme.

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