L’AMDH lance un appel pour la dépénalisation de l’homosexualité au Maroc

L’AMDH lance un appel pour la dépénalisation de l’homosexualité au Maroc

ALM : Pourquoi une telle initiative ?
Khadija Ryadi : Cette pétition internationale en faveur de la dépénalisation de l’homosexualité au Maroc est une initiative de l’organisation américaine des droits de l’Homme Human Rights Watch ( HWR). Ils nous ont proposé de travailler eux aussi dans ce projet et nous avons répondu positivement à leur offre. Défendant, par principe, les libertés individuelles dans tous les domaines, nous sommes aussi pour le droit à la liberté sexuelle. Cette démarche fait suite à la condamnation des six personnes accusées d’homosexualité dans l’affaire de Ksar El Kébir.

Que revendiquez-vous à travers cette pétition ?
A travers cette pétition, nous appelons le gouvernement marocain à abroger la loi qui condamne à des peines de prison des actes d’homosexualité librement consentis. Ainsi, nous demandons la suppression de l’article 489 du code pénal qui punit la conduite homosexuelle à des peines de prison allant de six mois à trois ans et des amendes de 120 à 1200 dirhams. Il faut cesser d’appliquer cette loi injuste et de continuer à criminaliser la conduite homosexuelle car cela porte atteinte à la protection des droits humains.
Nous réclamons la libération des six personnes qui ont été condamnées à des peines de prison à cause de cette loi. Trois d’entre eux avaient été accusés à six mois de prison et deux autres à quatre mois. Quant au sixième accusé, la peine d’emprisonnement a été de dix mois. Nous revendiquons le fait que ces personnes n’ont pas eu le droit à un procès équitable. D’autant plus que l’accusation n’a présenté aucune preuve prouvant que les hommes se seraient réellement livrés à des actes impudiques. Le tribunal les a condamnés sans preuves évidentes. 

Que pensez-vous de l’homosexualité au Maroc ?
La question n’est pas d’être pour ou contre. Le problème  ne se pose pas à ce niveau. L’affaire Ksar El Kébir n’est qu’un exemple parmi d’autres.  Il est primordial aujourd’hui d’ouvrir le débat sur l’homosexualité au Maroc pour faire en sorte qu’il ne soit plus un sujet tabou. Il faut un véritable  débat social. Il est important d’être à l’écoute de ces gens  et  de leur donner le droit de s’exprimer. Il faut cesser de porter des préjugés sur les homosexuels.


 Extraits de la pétition


Nous demandons au gouvernement marocain de protéger le droit au respect de la vie privée et à un procès équitable. Nous demandons aux autorités de libérer les six victimes de préjugés et d’abroger la loi discriminatoire qui a entraîné leur emprisonnement. Le 15 janvier dernier, la Cour d’appel de Tanger a confirmé la condamnation de six hommes en vertu de l’article 489 du code pénal du Maroc, qui condamne toute conduite sexuelle entre individus du même sexe. En novembre 2007, la police a arrêté les hommes, après qu’une vidéo a circulé en ligne montrant une fête privée organisée à Ksar El Kébir. Au tribunal, l’accusation n’a pu présenter de preuves que les hommes auraient violé l’article 489, qui condamne à une peine d’emprisonnement «quiconque commet un acte impudique ou contre-nature avec un individu de son sexe». La vidéo, qui a été montrée lors du procès, ne montre aucune indication d’activité sexuelle. La défense a nié les accusations. Le 10 décembre, Journée internationale des Droits humains, un tribunal de Ksar El Kébir a condamné les hommes à des peines de prison allant de quatre à dix mois. L’article 489 donne à la police, et dans ce cas, au système judicaire, le pouvoir de s’ingérer arbitrairement dans la vie privée des individus. Dans cette affaire, les autorités ont utilisé l’article afin de condamner des personnes sans aucune preuve d’infraction spécifique.

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