L’amour qui tue

Bien qu’originaire de Sidi Yahia du Gharb, il a choisi de s’installer à Settat. Un choix dû aux beaux yeux de Rabiâ. Mohamed est camionneur de son état. Son métier lui a fait croiser plusieurs filles, avec lesquelles il a entretenu des liaisons éphémères. Mais, avec Rabiâ, c’était la première fois de sa vie qu’il se retrouvait devant une si belle jeune fille, qui semble partager ses sentiments.
Cela remonte à plus de dix ans. Il avait alors 26 ans. Lorsqu’il l’avait vue pour la première fois, c’était à Settat. Après avoir garé son camion, il s’était attablé dans un café. Il ignore toujours comment ses yeux avaient croisé ceux de la fille qui passait devant lui et comment il avait quitté sa chaise pour la suivre. Elle s’en était rendue et s’était arrêtée, faisant semblant d’attendre quelqu’un. Arrivé à sa hauteur, Mohamed s’était adressé à elle : “Tu es très belle, comment t’appelles-tu?”. Elle s’est contentée de lui lancer un regard avant de baisser les yeux. “Je ne te demande que ton nom“, insista-t-il. Elle a levé une fois encore ses beaux yeux, pour lui répondre : “Rabiâ“. Mohamed lui a exprimé son espoir d’entretenir une relation sérieuse. D’un mot à l’autre, ils se sont familiarisés pour se fixer ensuite un rendez-vous.
Depuis, leurs rencontres n’ont pas cessé, tant et si bien qu’ils se sont mis d’accord pour se marier et s’installer à Settat. Et, une année plus tard, un joli bébé était venu égayer leur foyer. De par son métier, Mohamed s’absentait de chez lui quelques jours par semaine.
Trois ans plus tard, un deuxième enfant était né. Rabiâ est comblée avec ses deux enfants et son mari qui ne ménage aucun effort pour répondre à leurs besoins. Seulement, ce beau tableau a été terni quand un ami de son mari était venu, il y a un an, lui annoncer l’arrestation de Mohamed, mêlé à une affaire de viol. Depuis, l’ami, mécanicien de son état, a commencé à lui rendre visite pour la soutenir moralement et matériellement.
Le procès de Mohamed avait eu lieu à Kénitra et il avait été acquitté. Relâché, après quelques mois de détention, il était retourné chez lui, s’imaginant que sa femme l’accueillerait avec joie. Mais, bien qu’il ait été acquitté par la justice, Rabiâ continuait à douter de son innocence. Elle lui a tourné le dos quand il a voulu l’embrasser. Il n’y a pas prêté grande importance, pensant que le temps, finirait par la convaincre de son innocence. Il a rencontré son ami mécanicien, mais celui-ci ne l’a pas informé des visites qu’il rendait à sa femme et à ses enfants. Sa femme, non plus.
L’information lui est parvenue du voisinage. Les questions sur la relation entre sa femme et son ami ont commencé à lui hanter l’esprit. Quand il s’est adressé à ses deux enfants, ces derniers lui ont confirmé qu’il leur rendait visite et leur donnait de l’argent. Mohamed s’est adressé à Rabiâ pour avoir des explications. Elle ne voulait pas répondre. Quand il a insisté, elle a fini par lui répondre sur un ton très nerveux :“Oui, j’ai une relation amoureuse avec lui, comme toi tu en as avec d’autres filles“. Une réponse qui l’a mis hors de lui. A-t-elle menti pour le provoquer ou s’agit-il de la vérité ? L’un de ses enfants lui a dit que sa mère s’était déjà absentée à trois reprises durant toute la nuit. Elle n’a pas été en mesure de justifier ces absences.
Perdant tout contrôle, Mohamed est allé à la cuisine, a pris un couteau et est revenu vers Rabiâ pour lui asséner des coups sur tout le corps. Il n’a cessé qu’une fois son épouse morte.
Arrêté et traduit devant la justice à Settat, il a été condamné à 15 ans de prison. Quant au présumé amant, il a nié toute relation avec Rabiâ.

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