Lancement de la campagne de lutte contre la polyarthrite rhumatoïde

Lancement de la campagne de lutte contre la polyarthrite rhumatoïde

Plus de 300.000 Marocains sont atteints de la polyarthrite rhumatoïde. Cette maladie sévère du rhumatisme inflammatoire touche davantage les femmes que les hommes (4 femmes pour 1 homme). Au Maroc, l’espérance de vie des patients est réduite de 10 ans, soit 2 fois plus qu’en France. Devant ces chiffres alarmants, l’Association marocaine de recherche et d’aide aux rhumatisants (AMRAR) et la Société marocaine de rhumatologie (SMR), organisent, sous l’égide du ministère de la santé, du 23 avril  jusqu’à fin 2013, la campagne nationale de sensibilisation à la polyarthrite rhumatoïde. Une conférence de presse pour le lancement de cette campagne a été organisée mardi 23 avril à Casablanca. Plusieurs actions de sensibilisation sont prévues : affiches, présentoirs au sein des officines et cabinets médicaux, kermesses, diffusion de vidéo sur le Web et les réseaux sociaux… dans plusieurs villes du Royaume (Agadir, Casablanca, Fès, Marrakech, Rabat et Tanger). A travers cette opération, les organisateurs espèrent sensibiliser davantage le public sur cette maladie qui continue d’être méconnue. Il est aussi question d’attirer l’attention des professionnels de santé sur l’importance du diagnostic précoce. A noter que tout au long de l’année, un road show à destination des professionnels de la santé se rendra dans les six villes concernées. L’objectif étant d’informer plus de 500 médecins généralistes, 2.000 pharmaciens et 6.000 collaborateurs en officine. Cette campagne nationale vise également à sensibiliser les autorités et les organismes de santé à la consultation pour la prise en charge des malades. Au Maroc, moins de 20% des personnes concernées bénéficient d’une prise en charge adéquate. Grâce à un dépistage précoce, les traitements excessivement onéreux peuvent être évités. Le traitement en phase aiguë revient 160 fois plus cher qu’en début de la maladie. En effet, à un stade avancé de la maladie, le patient doit débourser entre 60.000 et 250.000 dirhams pour l’achat de médicaments qui ne sont pas pris en charge par les différents organismes de santé. Plusieurs raisons expliquent le retard de diagnostic chez les malades : le manque d’information, de matériel, de spécialistes et d’accès  aux traitements de fond efficaces pour les patients, particulièrement ceux en situation de précarité.
Il est clair que les biothérapies ont révolutionné le traitement et le pronostic de la polyarthrite rhumatoïde. Celles-ci ont une action ciblée qui permet d’interrompre l’inflammation et ses conséquences destructrices sur l’articulation. Toutefois sur les 5 biothérapies qui existent actuellement sur le marché marocain, seulement 2 d’entre elles sont prises en charge par les assurances maladie, ce qui limite le nombre de patients pouvant bénéficier de ces traitements.

70% des patients souffrent de problèmes d’ordre sexuel

La polyarthrite rhumatoïde a des conséquences majeures sur le quotidien des malades. Une étude réalisée en 2005-2006 par l’hôpital Ayachi a recensé plusieurs conséquences. Il ressort de cette enquête que 43% des personnes vivant avec cette maladie font face à des problèmes conjugaux. Parmi les cas les plus cités figurent le divorce, la maltraitance conjugale mais aussi les difficultés sur le plan sexuel. A ce sujet, l’étude avait révélé que 70% des patients souffrent de problèmes d’ordre sexuel. Les causes perturbant la sexualité sont la douleur 94%, la fatigue 97%, la diminution du plaisir ou la perturbation de l’image corporelle 70,6% et la difficulté de certaines positions sexuelles 79%. Par ailleurs, l’étude avait indiqué que 47% des personnes vivant avec la polyarthrite rhumatoïde témoignent de la détérioration des rapports familiaux. Leur exclusion de la vie de famille, notamment lors de cérémonies et de fêtes religieuses, induit leur marginalisation. Parmi les patients ayant des enfants, 83% ont estimé que la maladie avait perturbé la qualité de vie de leurs enfants. 19% rapportent l’abandon scolaire de leurs enfants, particulièrement les filles, pour s’occuper d’eux ou du foyer. Une autre étude réalisée par l’Association marocaine de recherche et d’aide aux rhumatisants (AMRAR) avait montré l’incapacité au travail domestique chez 34,5% des patientes.

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