Lancement de la campagne «Suis-je le numéro 12 ?»

Lancement de la campagne «Suis-je le numéro 12 ?»

Une personne sur douze vie avec l’hépatite B ou C. Une situation alarmante d’autant plus que la majorité des gens infectées l’ignorent. A quelques jours de la journée mondiale de l’hépatite célébrée le 19 mai, SOS hépatites Maroc en collaboration avec l’Alliance mondiale  de l’hépatite et plus de 200 groupes de patient ont lancé une campagne virale mondiale. La campagne « Suis-je le numéro 12 ? » a déjà démarré dans 55 pays et des campagnes de grande envergure sont coordonnées de Sydney à Casablanca  et de Beijing à Buenos Aires. Des cartes postales, des affiches et des bannières publicitaires seront disponibles en plus de 40 langues. Cette campagne virale est destinée à aider les gens à prendre conscience que 500 millions de personnes sont actuellement infectées par l’hépatite B ou C. «L’hépatite C est une maladie silencieuse qui touche entre 1,7 et 2% de la population marocaine soit 200.000 à 300.000 personnes. L’objectif de cette campagne est de sensibiliser les citoyens au diagnostic précoce. Le 19 mai, toute personne qui le désire pourra se faire dépister gratuitement », indique le Pr Driss Jamil, président de SOS hépatites Maroc et de la Fédération maghrébine des hépatites. Les hépatites virales continuent à sévir dans notre pays en l’absence d’un plan national pour lutter contre ce fléau. En plus, des centaines de malades se retrouvent privés du traitement en raison des coûts qui restent inabordables pour les personnes qui ne disposent pas de couverture sociale. Pour ceux qui sont affiliés à la CNSS, ces derniers ne récupèrent que 70% des coûts. Les 30% restants sont à leur charge. Ce qui revient à dire qu’ils n’ont toujours pas accès aux soins. « Cette campagne est une occasion capitale afin de mettre la lumière sur la prise en charge des hépatites au Maroc notamment pour les assurés de la CNSS qui refuse toujours de couvrir les traitements des hépatites à 100% ainsi que pour la population démunie qui attend la mise en place du RAMED. Ce qui permettra de sauver des centaines de malades atteints d’hépatites virales d’une mort certaine », affirme Pr Jamil  avant d’ajouter que « le traitement de l’hépatite C est extrêmement coûteux. Il faut compter 12.000 dirhams par mois sachant que le traitement s’étale sur une durée comprise entre 6 mois et 1 an».
Pour le président de l’Alliance mondiale de l’hépatite, Charles Gore, l’hépatite virale qui tue chaque année 15 million  de personnes ne peut plus continuer à être ignorée. «Nous visons, grâce à la campagne et aux activités de suis-je le numéro 12 ? à mettre l’hépatite B et C sur la liste des soins de santé», souligne M. Gore. Et d’ajouter que « Nous croyons que, à moins que la sensibilisation n’augmente, nous ne ferons aucun progrès dans la réduction du grand nombre de décès à cause de ces hépatites. Elles devraient avoir le même profil que le VIH/sida, le paludisme ou la tuberculose et devraient être classées à côté de ces maladies dans les objectifs du millénaire de l’OMS ».
Pour rappel, l’hépatite est une maladie du foie qui signifie «inflammation du foie». Elle peut être causée par des infections virales, des parasites, des bactéries, des produits chimiques, une maladie auto-immune, des drogues ou l’alcool. L’hépatite C, qui peut provoquer des dégâts du foie et éventuellement un cancer du foie ou une défaillance hépatique, se transmet principalement par voie sanguine. Il faut être extrêmement vigilant sur certaines pratiques à hauts risques : utilisation de seringues à usage multiple, mauvaise stérilisation de matériel d’endoscopie ou de chirurgie (soins dentaires), mais aussi pratique de tatouage ou du piercing avec du matériel non jetable.

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