Lapsus révélateur

Les responsables espagnols et algériens réunis à Madrid n’ont pas pu convaincre les observateurs que leurs retrouvailles ont uniquement un caractère bilatéral et qu’elles ne sont pas liées à la détérioration des relations maroco-espagnoles.
Ainsi, dans toutes les étapes de la visite d’Etat que le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, effectue en Espagne sur invitation du gouvernement espagnol, le Maroc s’est imposé en tant que sujet principal de débats et parfois même en « troisième partie » de la rencontre.
Les milieux diplomatiques espagnols n’ont cessé de répéter ces derniers jours que le rapprochement avec l ‘Algérie n’est pas dicté par la crise avec le Maroc. Mais, dans l’ambiance de la rencontre, tout semblait dire le contraire. Même le ministre espagnol des affaires étrangères, Ana Palacio, s’est trahie dans la conférence de presse conjointe avec son homologue algérien, Abdelaziz Belkhadem, en faisant une confusion entre le Maroc et l’Algérie. Dans son intervention, Palacio, qui voulait parler de l’Algérie, s’est félicité des bonnes relations avec le Maroc.
« L’excellente coopération qui existe entre le Maroc et l’Espagne au moment où nous abordons les problèmes liés à l’immigration clandestine…L’Espagne est satisfaite d’avoir une communauté marocaine très intégrée, bien qu’elle ne soit pas nombreuse », a dit Palacio avant de se ressaisir. « Pardon, c’était un lapsus…je voulais dire communauté algérienne », a-t-elle dit. La même erreur commise par le chef de la diplomatie espagnole a été relevée par certains organes de presse.
Dans certaines dépêches de l’agence Europa Press, on pouvait lire : « le ministre marocain des affaires étrangères Abdelaziz Belkhadem ». Aussi, il a été remarqué que dans toutes les interventions des hauts responsables espagnols, le Maroc était présent. Même le roi d’Espagne, Juan Carlos premier, a tenu à se référer aux relations maroco-espagnoles en envoyant un message indirect au Maroc dans son toast prononcé lors du dîner qu’il a offert à son invité algérien. « Mon pays a la vocation de maintenir avec tous les Etats du Maghreb des relations excellentes. Ceci nous amène à faire un appel à ce que le maximum d’effort soit fait pour que les relations se développent dans toute la normalité que l’Espagne désire », a dit Juan Carlos dans une insinuation au Maroc.
Par ailleurs, l’hebdomadaire italien Panorama a rapporté dans sa dernière livraison que Madrid et Alger ont signé un accord de coopération sécuritaire entre les deux pays. Une convention qui prévoit une étroite collaboration entre les forces de police respectives, des enquêtes conjointes, l’échange de renseignements entre les services secrets et un accord d’extradition mutuelle des personnes recherchées pour subversion et terrorisme; ce qui élève la coopération en ce domaine entre les deux pays au rang privilégié que Madrid entretenait avec Rabat avant le déclenchement de la crise. Mis à part cet aspect sécuritaire, le Maroc était aussi présent au coeur des discussions sur la coopération dans le domaine de l’énergie. À ce propos, les deux pays ont décidé d’accélérer le projet d’un nouveau Gazoduc qui ne passerait pas à travers le territoire marocain. Un projet qui laisse entendre que les deux capitales prévoient dans leurs calculs stratégiques l’éventualité d’une hausse de tension avec le Maroc. Ils cherchent donc à annuler ce qu’ils considèrent comme une carte à faveur du Maroc.

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