L’associatif au service du politique

On savait que l’ex-ministre de l’Education nationale avait des divergences profondes avec ses camarades du Parti socialiste démocratique. Cela date d’au moins deux ans. Dans un entretien, M. Saâf, transparent, nous fait le point. «J’ai présenté ma démission d’abord oralement. Ensuite, par la pratique, je me suis éloigné».
Aujourd’hui, il s’agit plus d’ «une exploration de nouveaux horizons, sans aucun désir de règlement de comptes». Mais qu’est-ce qui justifie le divorce et le nouveau créneau ? C’est apparemment les «déceptions de la pratique politique» au sens large qui sont derrière cette séparation. «Elles ne sont pas spécifiques au PSD, mais communes à l’ensemble de la classe politique. Que reproche le nouveau secrétaire national du MID aux directions des formations politiques ? En gros, une concentration du pouvoir décisionnel «entre les mais d’une ou de quelques personnes, en fonction des dossiers. Parfois, deux seuls dirigeants décident pour tout le reste». De plus, selon lui, «les partis du mouvement national s’occupent plus des grands dossiers que des préoccupations des petites gens. Le travail de proximité fait cruellement défaut». C’est pourquoi la «création d’une association de nature politique est tout indiquée, comme cadre, pour entamer des réflexions sur des thèmes-clés de la politique marocaine et dégager des perspectives». Loin des sentiers battus et «des certitudes» étouffeuses d’enthousiasme. M. Saâf estime qu’il y a « une grande place pour une nouvelle démarche politique, dont la proximité est un atout, dans un cadre souple et fluide». Mobilisation et participation sont des mots-clés. Le terrain représente «un continent encore inexploré. Il faudra l’investir». Et, pour parer à la lourdeur des structures partisanes, le MID a «allégé» les structures organisationnelles. Une manière de tirer les enseignements «des lourdes pesanteurs» vécues lors des expériences du passé.
Le MID se positionne comme’ cadre de réflexions et source de propositions politiques», mais il préconise une nette démarcation sur le terrain. C’est là où il doit imposer sa singularité et sa spécificité. Un bureau national formé d’une vingtaine de membres, un conseil administratif, des sections à travers le pays et des comités de citoyens. «Cette structure est de nature à éviter les comités restreints où tout se décide». Le secrétaire national aura droit, au maximum, à deux mandats successifs, de deux ans chacun. Pas plus.
Une manière aussi de dire l’opposition à la maintenance, pendant des décennies, de leaders politiques et de préconiser le renouvellement des compétences. Mais que changera par rapport aux structures traditionnelles ? Le SN du MID nous donne l’exemple du Parti socialiste français, à côté d’autres modèles. «Il y a présentation de plusieurs plates-formes (18 pour le cas du P.S.) qui sont l’objet de larges consultations et qui sont ensuite synthétisées. Mais il y a une multitude de modèles. L’essentiel c’est qu’il n’y a pas de temporalité et que tous les adhérents se sentent dans le bain, du début à la fin, avec une gestion cool. Cela passe par la nécessaire mobilisation par la base».
Sur le plan idéologique, le référentiel est l’attachement à la démocratie pour assurer la transition et le changement démocratique. C’est une rupture avec «les postures idéologiques et des réflexes culturels» du passé. Autrement dit sans anticipations ni perplexité. «Plus question de carcans mais de grande écoute».
M. Saâf reconnaît, cependant, qu’ «il y a un risque» que demain l’on reprocherait à la nouvelle association ce que ses initiateurs reprochent à la politique traditionnelle. «Mais, nous croyons que nous sommes suffisamment outillés, notamment de pas mal d’expériences. Nous demeurerons toutefois optimistes, animés que nous sommes d’une réelle volonté de réhabiliter la politique».
La «révolution» ne s’arrête pas seulement au concept. «Un toilettage s’est aussi fait au niveau du lexique. Aux termes «camarade ou frère», on préfèrera «Mes amis politiques». La vocation de M. Saâf est de «mettre en place d’un réseau d’associations et de l’élargir au maximum. D’ailleurs, lors de l’AG constitutive du MID, dimanche à Rabat, les délégués étaient volontairement limités à 310 personnes, dont plus d’une centaine représentent le tissu associatif, principalement qui opèrent dans le social.
Le MID participera –t-il, à l’avenir, aux rendez-vous électoraux ? M. saâf voudrait relater ici tout simplement son point de vue personnel, en attendant que l’association tranche la question. «Oui, je pense qu’il faudra y aller…».
Quant au financement, le MID compte, dans un premier temps, sur le produit de l’apport de ses membres, en attendant de «ficeler des modalités transparences».

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