L’«Association du 13 février» rejette les indemnisations

L’«Association du 13 février» rejette les indemnisations

Le président de «l’Association du 13 février», qui se bat pour les victimes des essais nucléaires français en Algérie, a rejeté samedi, cinquantième anniversaire du premier tir effectué à Reggane (Sud algérien), les indemnisations annoncées en janvier, par le ministre français de la Défense Hervé Morin. «Pour notre association, l’indemnisation telle que proposée par les autorités françaises ne nous intéresse pas,le plus important est que la France reconnaisse aujourd’hui que ces essais nucléaires, effectués à Reggane en 1960 dans le cadre de l’opération Gerboise bleue, constituent un crime contre l’humanité», a déclaré Abderrahmane Lagsassi à l’agence Associated Press.
Le projet de loi portant indemnisation des victimes adopté le 5 janvier 2010, par le Parlement français irrite au plus haut point le président de «l’Association du 13 février», qui parle de «hiérarchisation» et de discrimination des victimes. «Comment accepter ces indemnisations humiliantes, nos victimes viennent après les vétérans français et la population de Polynésie, alors que c’est notre population qui a souffert, qui a servi de cobaye à la France pour lui permettre d’acquérir l’arme nucléaire», dénonce-t-il. Et de rappeler encore que «50 ans après les premiers essais, les populations locales de Reggane souffrent de maladies respiratoires, ophtalmiques, de cancer de la peau, de bébés qui continuent à naître avec des malformations congénitales, en plus du massacre de l’environnement». Pour M. Lagsassi, «ces maladies sont autant de preuves pour le gouvernement français, qui exige des preuves à tout prétendants à l’indemnisation». Pour le président de l’association, l’objectif est de «désinfecter et de décontaminer toute la région, et la récupération de tout le matériel irradié. Son association milite également pour la construction d’un hôpital spécialisé dans le traitement de toutes les pathologies causées par les essais nucléaires. «L’Association du 13 février», dont la création remonte à 1997, entend également porter son combat au niveau international. «À cet effet, elle travaille avec des spécialistes pour nous permettre de monter un dossier complet à présenter devant les instances internationales», ajoute M. Lagsassi en demandant aux responsables algériens un plus grand soutien politique.

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