L’auto-emploi s’essouffle

L’auto-emploi s’essouffle

Une année après le lancement, en grande pompe, des «Initiatives-Emploi», la satisfaction est générale. Les premiers résultats enregistrés incitent à l’optimisme. C’est le programme «Moukawalati» (programme d’appui à la création de très petites entreprises) qui aurait enregistré le plus grand engouement. En trois mois, plus de 5000 demandes de création d’entreprises ont déjà été déposées. Pour ce programme, tous les indicateurs sont au vert. Ce qui ne semble pas le cas pour d’autres.
Le Haut commissariat au Plan (HCP) nous apprend, en effet, que l’auto-emploi a reculé de -7,2 %, soit 218.000 postes, durant le troisième trimestre de l’année en cours. Cette baisse a particulièrement concerné le milieu urbain où le taux d’auto-employés est passé de 35,8%, au troisième trimestre 2005, à 27,1% une année plus tard.
Par ailleurs, la baisse historique du taux de chômage sous la barre du million n’aurait finalement été que de très courte durée. Une légère hausse du chômage a, en effet, été enregistrée entre le deuxième et le troisième trimestre de l’année en cours.
La population active au chômage est ainsi passée de 879.000 à 1.144.000 chômeurs.
Rappelons que le deuxième trimestre 2006 avait connu une très forte baisse du taux de chômage, due notamment aux effets d’une campagne agricole qualifiée d’exceptionnelle, au développement des activités du bâtiment et des travaux publics (BTP) et aux actions de promotion de l’emploi.
La donne a complètement changé au cours de ce troisième trimestre 2006. C’est dans les secteurs de l’agriculture, des forêts et de la pêche, que cela a été le plus ressenti. Le nombre de postes créés est passé de quelque 380.000 lors du deuxième trimestre 2006 à seulement 77.000 postes lors du troisième trimestre.
La baisse est énorme. Mais M. Lahlimi relativise. Cette baisse serait tout à fait normale, les grands travaux dans l’agriculture étant terminés. Même tendance à la baisse dans le secteur des BTP (bâtiment et travaux publics) qui a enregistré, en ce troisième trimestre, la création de 61.000 postes, contre 105.000 postes créés un trimestre auparavant.
Un autre secteur continue cependant sur sa lancée et enregistre même un boom en ce troisième trimestre. Il s’agit du secteur des services. Les dernières statistiques font état de la création de 350.000 emplois, contre 119.000 emplois lors du deuxième trimestre.
Rappelons qu’il s’agit-là uniquement de taux trimestriels, et que les taux annuels ne seront disponibles que d’ici la fin de l’année. Mais grosso modo, «il y a une nette tendance à la baisse du taux de chômage depuis quelques années», rassure Ahmed Lahlimi, haut commissaire au Plan. Il ne s’agirait-là que d’une «irrégularité tout à fait normale du marché de travail».
Selon la dernière note d’information du HCP, 536.000 postes d’emplois rémunérés ont été créés depuis le début de l’année jusqu’à fin septembre; 352.000 dans les villes et le reste dans les campagnes.
L’évolution globale de l’emploi, durant le 3ème trimestre 2006, a eu pour conséquence une baisse de 3,8 % de la population active en chômage, qui est passée de 1.189.000 à 1.144.000 personnes.
Du coup, le taux de chômage a atteint 10%, au terme du troisième trimestre de l’année en cours, enregistrant tout de même une baisse de 0,9 point par rapport à la période correspondante de 2005. Il est clair que le Maroc demeure confronté à la problématique de la création d’emplois, d’autant plus que la population active âgée de 15 ans et plus continue de croître, pour atteindre, au terme du 3ème trimestre de l’année en cours, 11.397.000 personnes, soit + 4,7 %.

L’auto-emploi en bref
Promouvoir l’auto-emploi, c’est œuvrer à différents niveaux pour favoriser l’émergence de projets d’activité et accompagner leur réalisation sur le territoire. L’auto-emploi désigne ici la démarche de personnes qui veulent créer leur propre emploi, dans un cadre individuel ou collectif : créer une microentreprise, se mettre à son compte, donner un statut juridique à une activité informelle ou développer une activité et un revenu complémentaire sont autant de formes d’auto-emploi. Il peut s’agir d’individus, hommes ou femmes, de couples ou de groupes.
En milieu rural, ces démarches offrent des perspectives intéressantes au sens où elles peuvent satisfaire aux aspirations de nombreuses personnes concernées, tout en correspondant aux intérêts des territoires où elles se développent.

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