L’autre face de la coalition

Bien avant même l’indépendance du pays, jamais, il n’y a eu de véritables moments de rupture entre les anciens leaders du Mouvement national. Cela est valable aussi bien pour l’époque des Allal El Fassi, Abderrahim Bouabid et M’hammed Boucetta que pour celle de Abbas El Fassi et Abderrahman Youssoufi. Ceci étant, il n’en demeure que depuis l’avènement du gouvernement dit d’alternance, la polémique a repris de plus belle. L’Istiqlal n’a jamais cessé de danser sur les deux pieds. Il est au gouvernement quand il faut récolter les fruits d’une gestion difficile et à haut risque, et il est l’instigateur de la critique acerbe à l’égard de l’Exécutif. Dès la constitution de la première équipe gouvernementale, son secrétaire général, n’a pas cessé de brandir le drapeau rouge annonçant la tempête, pour n’avoir pas eu le nombre de sièges qu’il postulait au sein de l’Exécutif et pour avoir été marginalisé du processus de négociations menant à l’installation du nouveau gouvernement. Le débat a ensuite pris un nouveau tournant, après l’adoption de la première déclaration gouvernementale devant les deux chambres du Parlement. Le Cheval de Troie de M. El Fassi a constamment porté sur les questions sensées n’avoir aucune (ou peu de) répercussion (s) sur les finances de l’Etat, tels la lutte contre la bureaucratie et la corruption, la moralisation de la vie publique et le gel des hauts salaires. A cela s’ajoute le harcèlement pour l’adoption de mesures ‘ audacieuses » dans les domaines de l’investissement, la justice et l’Emploi. Dans les coulisses, c’est-à-dire dans le secteur politique informel, l’Istiqlal ne cesse de répéter qu’il avait refusé la première tentative de création d’un gouvernement d’alternance, étant donné la présence de certains ministres de souveraineté, dont en premier lieu Driss Basri, l’ex-ministre de l’Intérieur. D’un autre côté, l’on avance que c’est l’USFP qui a torpillé la première tentative afin que M’Hammed Boucetta n’accède pas au poste de Premier ministre. Bien entendu, avec l’alternance bis, en septembre 2000 et la nomination de Abbas El Fassi à la tête du ministère de l’Emploi, le ton de la critique a penché vers plus de modération. Maintenant, que les élections approchent, il va de soi que les épées seront tirées de leur étui.

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