L’aviculture est sinistrée

À près de 11 dhs par kilogramme vif en moyenne, le coût de production du poulet au Maroc est l’un des plus élevés au monde. Une explication de ce prix élevé est la forte imposition d’une filière à qui l’on refuse le statut agricole contre tout bon sens, et la surimposition des intrants de l’aliment qui sert à nourrir le poulet de chair. Les aviculteurs sont handicapés à plusieurs niveaux, nous affirment des éleveurs de la région de Casablanca qui viennent de subir une catastrophe suite aux dernières piques de chaleur qui ont entraîné la disparition pure et simple de plusieurs bandes d’élevage. Nous avons eu une séance de travail avec des membres de l’Association nationale du poulet de chair (ANPC) de la région du Grand Casablanca, dont MM.
– Hazem Abdellah, président
– Abdellah Bououd, vice-président
– Chennaoui Saîd, trésorier
Pour eux, les élevages ont beaucoup perdu suite à la canicule du mois de juin. Des estimations crédibles avancent une perte sèche de l’ordre de 40% pour l’ensemble de la filière avicole qui a perdu près d’un million et demi d’unités, soit quelque 3.000 tonnes en une semaine. Toutes charges comprises, il faut calculer une perte sèche de près de 4 millions de centimes de manque à gagner. C’est un coup très dur pour l’aviculture qui est sinistrée depuis longtemps, affirment les responsables de l’ANPC régionale. Que faire pour lutter contre les handicaps qui grèvent l’amélioration de l’efficience du secteur avicole ?
L’un des handicaps majeurs réside, encore une fois, dans les coûts de production élevés, spécialement pour les aliments : le tarif douanier appliqué aux intrants, et en particulier le maïs, pénalise toute la filière de l’élevage (aviculture et gros bétail). Depuis 1987, le maïs a été lourdement protégé au Maroc. Il n’y a vraiment aucune relation entre les cours mondiaux et les prix pratiqués au Maroc. La nécessité de sauvegarder la production locale de maïs ne devrait pas se faire au détriment des industries utilisatrices de ce produit, ce qui devrait légitimement entraîner une baisse des droits de douane. L’essentiel des préoccupations des producteurs de poulet de chair porte aussi sur le fiscal en plus des coûts des intrants et l’organisation sectorielle, ainsi que sur la charte sanitaire. Concernant ce dernier point, la coordination avec l’administration porte sur l’application de la nouvelle charte sanitaire propre au secteur avicole. L’ANPC mène une campagne de lobbying à plusieurs niveaux : elle revendique, avec les autres associations de la filière, l’exemption des taxes sur les intrants qui ne sont pas produits localement ou dont la production locale ne profite qu’à une minorité d’opportunistes. Elle veut aussi négocier l’exemption de la TVA sur les aliments composés et la généralisation d’un taux de TVA adapté pour tous les inputs.

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