Le baron du piratage tombe

Le baron du piratage tombe

Le célèbre fournisseur de CD piratés, dénommé «R’bati», a désormais les mains liées. Il devra comparaître, ainsi que 33 autres personnes, devant le Procureur du Roi au Tribunal de première instance de Casablanca durant la matinée de ce vendredi.
Son réseau couvre presque toutes les villes du Royaume, tandis que les unités de production sont concentrées à Casablanca et à Témara. Employant 33 personnes, « R’bati » a toujours su rester dans les coulisses et gérer à distance son réseau. À Casablanca, les arrestations ont eu lieu momentanément dans plusieurs quartiers notamment Sidi Othman et Derb Soltane. En fait, un piège a été tendu à « R’bati » par la police à Hay Mohammadi où il est venu, dans la matinée de mercredi dernier, négocier avec un vrai faux client.
L’arrestation de ce baron du piratage au Maroc s’est faite à partir d’une plainte déposée conjointement par quatre organismes. Il s’agit précisément de l’Association professionnelle des producteurs et éditeurs de phonogrammes (Appep), du Centre cinématographique marocain (CCM), du Bureau marocain des droits d’auteur (BMDA) et de la Chambre des distributeurs de films. Les pirates sont en fait de plus en plus dans la ligne de mire. Cela fait plus de deux mois que la recherche du « R’bati » a débuté et s’est accélérée surtout avec les aveux du plus grand fournisseur de CD vierges à Rabat.
« Les investigations ont révélé que « R’bati » est un client fidèle de ce fournisseur.
 L’approvisionnement en CD vierges se faisait en grande quantité d’une manière continue. En témoigne d’ailleurs la somme que ce fournisseur doit à « R’bati» : 120.000 dirhams. À raison d’un dirham pour chaque CD vierge, il s’agit là de 120.000 CD !», raconte une source proche du dossier. 
«La lutte contre le piratage doit commencer par un contrôle sur ceux qui importent les CD vierges. Tant que le marché est inondé par ces produits, le piratage existera », explique Khalid Noukri, le secrétaire général de l’Association professionnelle des producteurs et éditeurs de phonogrammes. Et d’ajouter : « de cette manière, les graveurs ne serviront dorénavant à plus rien. Et les professionnels de ce secteur ne souffriront plus de ce fléau ».
Dans ce sens, il faut rappeler qu’il y a tout juste deux semaines une descente spectaculaire a eu lieu à Meknès.
L’après-midi du mardi 30 août  dernier a marqué les vendeurs de CD piratés de la cité ismaélienne : près de 52 policiers ont procédé à la saisie de 30.000 CD, huit ordinateurs, 16 graveurs, une imprimante-scanner, deux autres imprimantes ainsi qu’un coupe-jacket professionnel. Dans cette descente, 17 personnes ont été interpellées.
Et ce n’est pas la première fois qu’une descente anti-piratage mène les vendeurs de CD piratés devant la justice.
À titre d’exemple, à Fès, en début du mois d’août, des peines d’un mois à un an de prison ferme ont été prononcées à l’encontre de 15 personnes.  « R’bati », quant à lui, risque les mêmes peines voire plus.

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