Le boycott de Mohamed Bensaïd

L’Organisation de l’action démocratique populaire est en passe de créer une nouvelle brèche au sein de la Koutla. Sa position, déjà vulnérable au sein de cette coalition serait certainement fragilisée par son retrait des réunions de concertation entamées avec le ministère de l’Intérieur au sujet du code électoral et des préparatifs en cours pour les prochaines élections.
Dans un dossier consacré à la justification de cette décision, l’OADP remet en cause l’habilité de « la Commission technique » à superviser les prochaines élections et à se substituer aux commissions précédentes chargées des élections et à leur constituer une alternative.
Dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur, Driss Jettou, le secrétaire général de l’OADP, Mohamed Bensaïd Aït Idder, annonce son «boycott des travaux de la Commission exécutive chargée de l’examen des lois électorales». Dans la missive de M. Bensaïd, on pouvait lire que cette Commission de l’Intérieur à laquelle assiste des représentants des partis politiques siégeant au Parlement «s’est substituée, de fait, aux anciennes commissions nationales chargées des élections», qui ont abouti à l’échec. Sur ce, il serait absurde de refaire cette expérience, selon la logique de l’OADP.
Dans le même ordre de raisonnement, le coordinateur du groupe des députés de ce parti, Ahmed Sebaï, également membre du Secrétariat national de cette formation politique, s’est dit convaincu de la nécessité urgente de constituer, à cet effet, une institution nationale indépendante jouissant de vraies attributions et prérogatives.
Et d’ajouter que les travaux de la Commission se sont limité à l’examen de la loi organique du Parlement et n’ont prêté aucune attention au Code électoral. Or, l’essentiel, selon l’OADP, est de procéder à une révision globale du code en vigueur. A cela s’ajoute la mise à l’écart de certaines formations politiques, non siégeant au Parlement; mais qui disposent d’une représentativité réelle au sein du Parlement. Cela dit, dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur, le parti de M. Bensaïd avait appelé à la nécessité de l’adoption du mode de scrutin de liste à la proportionnelle et au plus fort reste et du bulletin de vote unique. Le second point proclamé par ce parti a trait au durcissement des sanctions à l’encontre de toute action portant atteinte à l’intégrité des élections ( corruption, fraude, falsification des résultats des urnes, etc… ). A cela s’ajoute l’annulation de toutes les dispositions qui sanctionnent les positions non participatives aux opérations électorales, en raison de leur contradiction avec les principes de la démocratie.
Enfin , parmi les revendications dont il est question, il y a lieu de signaler l’appel à la révision du découpage électoral ; et ce, dans la perspective de la réduction du nombre des circonscriptions législatives, étant donné le nombre important des députés par rapport à celui de la population. Grosso modo, la décision est prise et elle impliquerait, sans doute, les autres composantes du Parti socialiste unifié, mais à chacun son choix.

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