Le bracelet d’Alzheimer

Laisser déambuler son père ou sa grand-mère atteints de la maladie d’Alzheimer dans un périmètre familier tout en assurant sa sécurité, c’est l’ambition d’un bracelet-téléphone anti-disparition présenté vendredi "en première mondiale" à Paris. En France, près de 800.000 personnes sont atteintes d’Alzheimer, une démence neurodégénérative d’origine inconnue, et aujourd’hui irreversible, survenant en moyenne après 65 ans.
Le dispositif baptisé «Colomba» (pigeon voyageur en latin) devrait être vendu "dans les pharmacies avant fin 2005", selon Louis Massicotte, fondateur de la société canadienne (province du Quebec) Medical Intelligence, à l’origine de cette innovation avec l’opérateur de téléphonie mobile Orange. M. Massicote a indiqué en avoir eu l’idée après des "fugues" de sa mère atteinte d’Alzheimer "parfois alors qu’il faisait moins de 15 degrés". Le bracelet comprend un système de géolocalisation assisté par système satellitaire GPS avec émetteur/récepteur GSM/GPRS, un mobile de communication transmettant voix et données, ainsi qu’un système automatique de détection et d’alerte. Il comporte également un bouton-panique permettant à son porteur (ou toute personne qui voudrait l’aider) d’appeler un numéro pré-établi. D’autres détecteurs pourraient être intégrés (hypoglycémies, anomalies du rythme cardiaque…).
Le bracelet alerte un centre médicalisé, opérant 24h/24 et 7j/7, géré par Axa assistances, qui permet de prévenir rapidement la famille ou le personnel soignant quand le patient s’égare au-delà d’une zone délimitée à l’avance autour du domicile ou de la maison de retraite Le centre peut localiser précisément le porteur du bracelet et entrer en communication téléphonique avec lui grâce à la fonction "mains-libres" du bracelet ou essayer d’attirer l’attention d’un passant. "L’autonomie de la pile dépasse deux semaines", a précisé M. Massicotte.
La fonction GPS gourmande en énergie peut être débranchée par l’entourage à la maison, a indiqué Jean-Noël Tronc, directeur de la stratégie et de la marque d’Orange. Il faut une clé pour enlever le bracelet. Cet été, la toute première application de ce système se fera à Paris à la résidence Brune du groupe français privé spécialisé dans la dépendance, Medidep. "60% des patients font des fugues ou des errances", selon le professeur Stéphane Bergeron, président-directeur général de Medical Intelligence. "Les taux de décès avoisinent les 50% quand la disparition dépasse les 24h", a-t-il relevé d’après des données américaines.

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