septembre 25, 2018

 

Le calvaire de Khadija raconté par son père

Le calvaire de Khadija raconté par son père

C’est une histoire effroyable qu’a vécue Khadija dans la province de Fkih Ben Saleh non loin de la municipalité de Oulad Ayad. Âgée de 17 ans, la jeune fille a été sauvagement violée, séquestrée et… marquée à vie.

L’adolescente a été enlevée et emmenée de force dans une plantation d’oliviers. Les coupables… plus d’une dizaine de jeunes hommes, à en croire Mohamed, le père de la victime. «Ma fille a été prise de force, droguée, violée et torturée pendant deux longs mois par ces hommes. Elle a subi les pires sévices :  brûlures de cigarettes, viol collectif, ou encore tatouages profonds sur tous ses membres. Aucune partie de son corps n’a été épargnée par ces criminels», confie Mohamed. Khadija a été enlevée par deux individus en moto. «L’un deux l’a menacée avec une arme blanche tandis que son complice conduisait le véhicule. Elle a disparu depuis la fin du Ramadan jusqu’à mercredi dernier. A son retour ma fille a porté elle-même plainte en compagnie de sa mère auprès de la police», indique-t-il. «Actuellement l’état psychologique de Khadija est stable. On tente de la rassurer pour qu’elle puisse garder espoir en son avenir. Je demande à toutes les personnes sensibles à son cas de nous aider moralement et financièrement à traverser cette phase très difficile.  D’ailleurs, je souhaite adresser mes remerciements aux nombreuses personnes qui ont exprimé leur solidarité et leur soutien à ma fille dans cette épreuve». L’adolescente a quitté les bancs de l’école depuis 2013 où elle était à la 1ère  année du collège. «Après ce qui lui est arrivé elle est convaincue que les études sont son ultime ressort. Elle souhaite devenir journaliste pour transmettre la vérité aux gens. C’est son rêve», poursuit son père.

Trois nouvelles arrestations dimanche

Pour sa part Hicham Kinani, vice-président de l’Association la famille des orphelins et des abandonnés-Fkih Ben Saleh, a expliqué que «deux plaintes ont été déposées auprès des autorités locales. La première par le père de la victime pour signaler la disparition de sa fille et la seconde par Khadija elle-même à son retour. Cette dernière concerne l’enlèvement avec séquestration et violence». A cet égard, il souligne que neuf individus ont été arrêtés quelques jours seulement après cette plainte et trois autres personnes ont été arrêtées par la police dimanche. «La plupart des jeunes hommes arrêtés par la police sont des individus sans objectifs dans la vie ou ne travaillent pas», précise le vice-président de l’association la famille des orphelins et des abandonnés- Fkih Ben Saleh. «Le plus choquant dans cette affaire c’est l’extrême violence exercée sur la jeune fille. Il faut savoir que cette fille, en plus d’avoir été violée, elle a été tatouée dans ses parties intimes», poursuit-il.

Accompagnement

Quant à la prise en charge de la victime, Hicham Kinani indique qu’elle couvre trois volets, à savoir : l’accompagnement psychologique, l’aide judiciaire et la situation sociale de la famille de la victime. «Sur le plan judiciaire, nous réclamons une condamnation exemplaire et des sanctions sévères pour toutes les personnes impliquées dans le viol et la séquestration de Khadija. Au niveau social, il faut noter que cette famille vit dans une extrême pauvreté et ne dispose pas de revenu qui lui permet de survenir à leurs besoins. Sur le plan médical, l’association a également contacté une dermatologue pour faire un diagnostic de l’état de santé de la jeune fille. La prochaine étape sera de savoir si les tatouages peuvent éventuellement être enlevés car comme vous avez pu le constater les marques sont assez profondes».

En sa qualité de vice-président de l’Association la famille des orphelins et des abandonnés- Fkih Ben Saleh- Hicham Kinani appelle à ce que le cas de Khadija ne soit pas considéré comme un simple fait divers. Pour lui, «il faut sensibiliser les jeunes à la gravité de ces actes. C’est l’ensemble de notre société qui commence à souffrir de ce genre d’agissements».

 

Leila Ouchagour – Journaliste stagiaire

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