Le calvaire des galériens de Rabouni

Un véritable drame se déroule du côté des camps de Lahmada. Ils sont, en effet, 1479 prisonniers marocains à croupir dans les geôles du Front Polisario. Les six centres de détention de la région de Tindouf (Algérie), d’après les témoignages de certains prisonniers libérés, ressemblent à des bagnes plus qu’à des prisons répondant aux normes internationales de détention. Les conditions lamentables de «survie» et l’état de santé des prisonniers sont tellement préoccupants que le CICR, qui a conduit plusieurs missions d’enquête dans ces «camps de concentration», estime aujourd’hui qu’il est nécessaire de les relaxer immédiatement. D’ailleurs, les derniers prisonniers à être libérés ont eu besoin d’un long passage à l’hôpital d’Agadir afin qu’ils soient retapés et rendus présentables à leurs familles. Les ex-prisonniers de Lahmada ont subi, à cet effet, des opérations ophtalmologiques pour des cas de cataracte et trichiasis. D’autres détenus ont été équipés de prothèses dentaires. Alors que plusieurs d’entre eux souffriront toujours de maladies chroniques dues aux travaux forcés qu’ils effectuaient obligés dans les camps du Polisario et ce, en contradiction avec la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre. Ces hommes capturés, pour la plupart, il y a plus de vingt ans ont été dépouillés du seuil élémentaire d’humanisme que garantit le droit international humanitaire. Ce sont donc de véritables épaves que le Maroc a réceptionnées les deux dernières années. Selon Mohamed Ahmed Bahi, qui a été emprisonné à Tindouf : «Aux camps de Lahmada, il y a plus de 15 centres de détention où les tortionnaires du Polisario s’adonnent à la torture sous toutes ses formes des prisonniers marocains. Les militaires marocains détenus à Rabouni sont obligés d’accomplir des corvées, sans arrêt, de six heures du matin jusqu’au coucher du soleil.» Un autre volet du drame que vivent ces prisonniers se déroule cette fois-ci au Maroc. Les émoluments que touchent les familles sont restés inchangeables puisque les prisonniers n’ont connu aucune promotion depuis leur capture. Ils ont gardé les mêmes grades pendant plus d’une vingtaine d’années.

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