Le cancer n’est pas une fatalité

Le cancer n’est pas une fatalité

Aujourd’hui Le Maroc : Le Centre Al Azhar a organisé ce week-end ses quatrième journées internationales, quel est l’intérêt de ce genre de manifestation?
Dr Faouzi Habib : Les journées internationales d’automne du centre d’oncologie Al Azhar se sont tenues samedi dernier à Fès. Cette quatrième édition a été consacrée à trois types de cancers : le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus et les cancers digestifs. Nous tenons régulièrement à organiser ce genre de manifestations pour plusieurs raisons. La première a un rapport direct avec le niveau atteint par le Maroc dans le domaine de la cancérologie. La présence d’experts de renommée internationale qui ont répondu favorablement à notre invitation ne pourrait que nous être bénéfique. La seconde se rapporte avec la qualité scientifique de ces médecins. Leur présence représente une occasion inespérée pour les praticiens formés localement d’être en contact direct avec les dernières avancées technologiques en la matière. Et nos médecins sont conscients de l’importance de ces rencontres. Le succès que rencontre cette manifestation de plus en plus est là pour le prouver. Pour la première édition, ils étaient une vingtaine de médecins à formuler leur souhait d’être des nôtres. Ce week-end, ils étaient nombreux à se bousculer devant notre portillon puisque nous avons reçu plus de 200 demandes de participation.
Quels sont les cancers les plus répandus au Maroc ?
C’est d’ailleurs un autre aspect important des rencontres du week-end puisqu’elles en ont justement traité. Le premier cancer qui sévit, non seulement au Maroc mais à travers le monde, est le cancer du sein. Arrivent par la suite les cancers digestifs, qui touchent de plus en plus de monde notamment celui du colon et du rectum, et le cancer du col de l’utérus. Il ne faut également pas omettre le taux très élevé du cancer des poumons contractés dans notre pays. Ce type de cancer est essentiellement dû à la consommation massive de cigarettes.
Qu’en est-il de leur dépistage?
De nombreux cancers peuvent être guéris s’ils sont découverts précocement, chose qui ne s’effectue généralement pas au Maroc. Dans notre société, cette maladie est perçue comme une fatalité. Les mentalités commencent à changer, et grâce aux efforts de la société civile, de plusieurs associations médicales et des différents centres spécialisés dont bien sûr le centre Al Azhar. Je voudrais citer à ce sujet l’exemple de plusieurs tournées d’information et de dépistage collectif organisées par notre centre à travers différentes régions du Royaume. Les femmes rurales qui étaient notre première cible ont très bien accueilli notre initiative. Je me rappelle d’une dame à Azrou qui a non seulement très bien assimilé les notions de base que les médecins lui ont inculquées, mais qui s’est mise par la suite à les transmettre par la suite, chez elle, à d’autres femmes.
Comment évaluez-vous la prise en charge des malades cancéreux au Maroc ?
Vous savez, la cancérologie est une discipline multiple qui fait appel à plusieurs spécialités. Disposer d’un véritable outillage thérapeutique et de dépistage revient très cher. D’où la cherté des traitements de cancers dans notre pays. En plus, le dispositif de prise en charge mis en place par le ministère de la Santé reste insuffisant. Deux hôpitaux publics spécialisés en cancérologie ne peuvent prendre en charge les 20.000 nouveaux cas estimés par l’OMS au Maroc. C’est dans ce contexte que la création du centre Al Azhar est intervenue au début des années 90. A l’époque, les gens ne croyaient pas à la guérison du cancer. Aujourd’hui, et malgré les moyens très limités dont nous disposons, nous arrivons à guérir un cancer sur deux.

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