Le CHU Ibn Rochd ne tolère aucun abus

Le CHU Ibn Rochd ne tolère aucun abus

ALM : Les enquêtes concernant les vols commis au sein du CHU n’ont pas abouti. Pourquoi ces affaires demeurent-elles non élucidées ?
Pr Mohamed El Andaloussi : Le 1er vol date d’Avril 2000. Il a concerné des produits pharmaceutiques estimés à 194.925,00 DHS. La police judiciaire et le Procureur du Roi ont été avisés immédiatement avec enquête sur les lieux. La nouvelle Direction a relancé l’affaire par un nouvel écrit au Procureur Général de Sa Majesté le Roi en Juin 2002 et Mars 2003 en vue d’activer les résultats de l’enquête. Le 2ème vol concerne la régie des recettes de l’Hôpital Ibn Rochd par le régisseur coordinateur avec une somme de 1.831.839,55 DHS. Ce vol a été constaté grâce aux contrôles réguliers initiés par la Direction Générale du C.H.U suite au licenciement d’un régisseur suppléant qui a été attrapé en flagrant délit de falsification des récépissés. Bien évidemment, le dossier est entre les mains de la justice. Suite à ce vol, la Direction a procédé dans l’immédiat à la révision du fonctionnement des régies de recettes en mettant au point de nouveaux critères de nomination des régisseurs de recettes, leurs attributions et l’organisation de leur travail.
Certains logements appartenant au CHU de Casablanca sont occupés illégalement par des médecins exerçant dans le privé ou carrément dans d’autres secteurs. Comment expliquez-vous cette situation ?
En ce qui concerne les logements, malgré l’héritage lourd et complexe, la nouvelle Direction a mis au point une stratégie progressive pour une résolution cohérente. En effet, pour ceux qui n’ont pas droit au logement, (en particulier ceux qui ont été cités dans l’article mais il y a aussi d’autres), il est important de savoir qu’une tentative d’évacuation à l’amiable par écrit et par entretien avec les intéressés a été tentée en 2001 et 2002 mais elle a échoué. Devant cet état de chose, des lettres d’évacuation leur ont été adressées en date du 28 Juillet 2003.En cas d’expiration du délai arrêté par la Direction, soit 30 jours à compter de la date de réception de la lettre d’évacuation, il est précisé dans le plan d’action du C.H.U. Ibn Rochd qu’un préavis sera adressé aux intéressés pur appliquer la résolution du Conseil d’administration en date du 08 Octobre 2001 qui autorise le Centre à couper l’eau et l’électricité (payé par le C.H.U. Ibn Rochd.) Par ailleurs, pour le Professeur EL BEKKAY, le dossier a été transmis à un avocat depuis le 14 Mars 2003 pour entamer une procédure judiciaire d’évacuation du logement. Pour le Professeur BOUCETTA, des écrits ont été adressés au ministère de la Santé pour intervenir auprès de la Défense nationale afin d’entamer la procédure d’évacuation.
Depuis votre nomination à la tête du CHU, avez-vous mis en place une stratégie pour la gestion du Centre ? Les grands axes de cette stratégie ?
A travers ce qui vient d’être annoncé, vous remarquez que la Direction générale met en place des outils lui permettant de solutionner les problèmes et d’impliquer tous les acteurs du Centre. Les grands axes qui dominent cette stratégie sont : L’optimisation des ressources humaines, matérielles et financières. L’amélioration des conditions de travail en restructurant certains services cliniques et en externalisant certaines activités qui ne relèvent pas des missions propres du C.H.U, comme la sous-traitance du nettoyage et de la propreté, la sous-traitance de l’alimentation avec l’acheminement des repas jusqu’au lit des malades. L’amélioration des conditions de travail passe aussi par la réhabilitation de 12 services cliniques qui ont été financés, soit par le budget du C.H.U (13 millions de DHS) soit par des bienfaiteurs (4 millions de DHS). Par ailleurs, la Fondation Mohamed V suite aux instructions de Sa Majesté le Roi, que Dieu le Glorifie, a financé la réhabilitation et l’extension d’un Centre National des Brûlés au sein du C.H.U avec son équipement, ce qui va améliorer largement les conditions de travail mais aussi la prise en charge des malades. Enfin, le service de radiologie centrale a été doté d’une IRM financée par le ministère de la Santé. L’amélioration de la gestion interne du C.H.U par l’instauration de la comptabilité générale avec l’initiation de la culture de lien entre activité et budget afin d’arriver à la notion de « Budget par service ». Un des objectifs est la mise en place de la comptabilité analytique qui permettra de déterminer le coût de chaque pathologie. Enfin, l’instauration d’un système d’information médicalisée (avec dossier médical informatisé) et un système d’information de gestion facilite grandement la gestion administrative du Centre. Rehausser le niveau de rendement du personnel du C.H.U est aussi un but recherché par l’intermédiaire de certaines actions comme la promotion de la maintenance technique à titre externe (à cet effet, le C.H.U a envoyé 6 techniciens biomédicaux se former à l’étranger, 6 autres sont programmés pour l’année à venir), la sous-traitance de la paie du personnel qui leur permet d’avoir un numéro de somme, condition indispensable pour avoir un crédit bancaire, enfin, la révision de l’organigramme du C.H.U. Développement de partenariat et de la communication. Cette stratégie de gestion du C.H.U a pu donner des fruits à travers une gestion administrative rigoureuse qui s’est traduite par une performance quant à l’engagement du budget d’investissement qui est passé de 11% en 2000 à 36% en 2001 et à 73% en 2002) et une performance quant aux recettes propres du C.H.U (plus 30% en 2002 par rapport à 2001, ce qui équivaut à 14 millions de DHS de plus).
Qu’en est-il à propos de la recherche médicale et scientifique?
A propos de la recherche médicale et scientifique qui font partie des missions du C.H.U, il fait noter que bien des efforts devraient être fournis. En effet, si le budget du C.H.U prévoit annuellement 600.000,00 DHS pour des projets de recherche, le comité de recherche qui a été mis au point en début d’année n’a pas proposé de projet pour financement. Par ailleurs, certains services font des essais cliniques autorisés par le ministère de la Santé et validés par le comité d’éthique et semblent donner des fruits en rehaussant le niveau de la recherche au C.H.U. De toute façon, il faut bien le dire, le C.H.U manque de financement nécessaire au recrutement de personnel spécialisé complémentaire, manque d’évaluation quantitative et qualitative de la production scientifique et il demeure impératif de créer des conditions de motivation et d’incitation des chercheurs en valorisant l’innovation et la recherche au sein du C.H.U.

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