Le ciel marocain manque d’aiguilleurs

Le ciel marocain manque d’aiguilleurs

Le Maroc compte aujourd’hui 240 aiguilleurs du ciel. À l’heure où le pays entre de plain-pied dans l’ère de l’Open Sky, le nombre des contrôleurs aériens est en deçà de la moyenne européenne. La première mission d’un contrôleur de la navigation aérienne est d’assurer la sécurité et la régulation du trafic, activité qui exige un  esprit d’analyse et de décision très aiguisé. «Il y a 100 aiguilleurs au centre de contrôle régional et le reste est réparti entre les tours de contrôle. Notons tout de même qu’il y a un manque d’effectifs à cause de l’arrêt de formation pendant 7 ans de 1992 à 1999», tient à préciser Samir Berrakhla, président de l’Association marocaine des contrôleurs aériens (AMCA).
Et depuis l’année 1999, le retard a été difficile à rattraper. Actuellement, c’est à l’Académie internationale Mohammed VI de l’aviation civile que les apprentis contrôleurs aériens suivent une formation de deux ans. Le concours est ouvert aux titulaires de licences scientifiques.
«Il existe actuellement à travers le monde, et même chez nous, une pénurie de contrôleurs aériens. Il est donc nécessaire de continuer à recruter et à former de nouveaux contrôleurs pour constituer une réserve excédentaire pouvant combler le déficit déjà constaté et parer aux besoins futurs», annonce M. Berrakhla.
Pour cette année, ce sont seulement 26 étudiants qui ont pu passer avec succès l’examen d’entrée à l’académie. Pour accélérer le rythme, des tournées dans les facultés et autres universités sont prévues dans les prochains mois. Une campagne de recrutement est programmée pour le mois de juin prochain.
En plus du nombre faible des contrôleurs aériens marocains (240 contre 4.500 rien qu’en France), la comparaison débouche également sur de grands écarts concernant le plan salarial. Contre 10. 000 euros perçus mensuellement par un aiguilleur madrilène, le salaire du contrôleur national oscille entre 7.000 et 20.000 dirhams.
«Il faut également continuer à renforcer les structures de dialogue et de concertations pour que l’ensemble du personnel de gestion du trafic aérien y soit constamment associé de manière ouverte et constructive.  L’élément humain est la clé de voûte de réussite de tout projet de reforme ou de modernisation. Investir dans l’élément humain veut dire le garder suffisamment motivé», ajoute le président de l’AMCA. Avec l’Open Sky, le rythme du trafic aérien ira crescendo durant les années à venir. Avec le renforcement des compagnies aériennes et la montée en puissance des compagnies à bas prix, des experts s’attendent à une augmentation de trafic d’environ 30 % à l’horizon 2010. Cet accord aérien global couvre des populations marocaine et européenne respectivement de 31 millions et 450 millions d’habitants.  «La gestion du trafic aérien dans notre pays se trouvera plus que jamais confrontée à la nécessité de maintenir des niveaux de sécurité élevés dans un contexte d’augmentation croissante de la demande», note M. Berrakhla. Dans ce contexte, l’aiguilleur du ciel doit avoir le contrôle de la situation.

Davantage de routes aériennes
Les aiguilleurs du ciel au sein de l’ONDA viennent de présenter un plan de restructuration de l’espace aérien basé sur la création de nouvelles routes aériennes, de nouveaux équipements et une nouvelle sectorisation du Centre de contrôle régional (CCR) permettant ainsi une augmentation de capacité de plus de 150 %. Baptisé «Corridor», ce plan a été élaboré conjointement avec les contrôleurs aériens ibériques, portugais et latino-américains.
La nouvelle sectorisation va coïncider avec la migration des aiguilleurs du ciel du CCR à la nouvelle salle de contrôle dans les prochains mois. Quant aux nouvelles routes aériennes, elles seront opérationnelles en 2008.

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