Le combat durable

Le Maroc célèbre, à l’instar de la communauté internationale, ce lundi 25 novembre, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. A cette occasion, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un rapport sur la situation des femmes dans le monde. Selon ce rapport mondial sur la santé et la violence, près de la moitié des femmes victimes d’homicides sont tuées par un conjoint ou un partenaire avec qui elles vivent ou dont elles sont séparées, et de manière générale, la violence est responsable de 7 % environ de la mortalité féminine entre 15 et 44 ans dans le monde.
Cette violence à l’encontre des femmes a pour conséquence un certain nombre de pathologies immédiates ou de longue durée, traumatismes physiques, syndromes de douleurs chroniques, dépression, comportements suicidaires. Le rapport précise que la violence du partenaire influe également sur les revenus de la femme, l’exercice de son activité professionnelle et sa capacité à garder un emploi.
Dans certains pays, indique le rapport, jusqu’à 69 % des femmes signalent avoir subi des agressions physiques et jusqu’à 47 % disent que leur premier rapport sexuel leur a été imposé. Dans ce cadre, le Dr. Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’OMS, a affirmé «qu’il faut parler de la violence et entendre ceux qui en sont victimes. Communiquer, rompre les tabous et exposer les actes de violence qui se déroulent parmi nous, constituent la première étape d’une action efficace pour réduire le phénomène dans nos sociétés».
Au Maroc, les atteintes à la pudeur et à l’intégrité physique constituent les actes de violence le plus fréquemment commis à l’encontre des femmes. Selon une enquête statistique menée, en 2002, à l’initiative du ministère de la Justice avec l’appui du fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) dans la circonscription juridictionnelle de Casablanca, 64% des infractions criminelles jugées (234 affaires) par les différents tribunaux casablancais concernent des atteintes à la pudeur au moment où 65% des infractions délictuelles jugées (3 830 affaires) portent sur des atteintes à l’intégrité physique. L’étude montre également que les femmes âgées entre 20 et 29 ans représentent 27% des victimes de ces actes de violence, celles ayant entre 30 et 39 ans constituent 25%, alors que 16 % ont entre 40 et 49 ans, 16% moins de 19 ans et 17% plus de 50 ans. S’agissant de l’état matrimonial des victimes, l’étude indique que celles-ci sont constituées de 48% de femmes mariées, 31% de célibataires et 11% de veuves et 10% de divorcées. Quant aux personnes qui ont été poursuivies pour actes de violence contre des femmes, elles sont 39% à être âgées entre 20 et 29 ans, 30% entre 30 et 39 ans, 15% entre 40 et 49 ans, 8% âgées de moins de 18 ans et 7% de plus de 50 ans.
Parmi les agresseurs, l’enquête fait état de 44% de personnes mariées, de 50% de célibataires, de 5% de personnes divorcées et de 1% de veuves. Les femmes, souligne l’OMS, sont particulièrement vulnérables aux agressions de leurs partenaires dans les sociétés où il y a des inégalités importantes entre les sexes, où les rôles sexospécifiques sont rigides, où l’homme a le droit, en vertu des normes culturelles, de recourir à la violence et où les sanctions sont bénignes pour ce type de comportement.

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