Le compte à rebours a commencé

Le compte à rebours a commencé, le mandat du gouvernement d’alternance touche, en effet, à sa fin et les différentes sortes de spéculations sur le bilan de la législature vont désormais se multiplier.
Certes, jamais un gouvernement n’a suscité tant d’espoir que celui que nous connaissons aujourd’hui. Et pour cause.
Juste avant l’investiture de l’exécutif actuel, le Maroc était menacé de ce qui ressemble à une crise cardiaque.
Abderrahman Youssoufi, avait dit à ce sujet, en octobre 2000, que «cela a contribué à l’entente qui a eu lieu entre le Trône et les forces démocratiques sur la nécessité de créer un renouveau national où se rencontrent la volonté royale et celle des forces démocratiques avec le soutien du peuple marocain ». En effet, le gouvernement d’alternance a été installé à un moment où le tissu économique du pays souffrait de déséquilibres importants. Les entreprises, comme disait M. Youssoufi, étaient rudement touchées, les finances publiques déficitaires, et la dette extérieure galopait sans cesse. Sur le plan social, le système d’enseignement ne répondait plus aux besoins du progrès technologique et de l’emploi et se caractérisait par un décalage énorme par rapport à son environnement global.
Sur le plan des droits de l’Homme, en dépit de ce qui avait été accompli dans le cadre de l’édification politique du pays et de l’élargissement relatif de l’espace des libertés, les blessures du passé n’étaient pas encore cicatrisées.
Politiquement, le malaise se traduisait par la désaffection des citoyens pour l’action politique et la participation aux échéances électorales était à son niveau le plus bas .
Face à cette situation, la contribution des partis de l’ancienne opposition, particulièrement l’USFP, était perçue et jugée, de manière négative, par bon nombre de membres de ce parti et par toux ceux qui inscrivent leurs actes dans le cadre de la mouvance radicale. Maintenant, après quatre ans d’exercice, et à la lumière de la loi de Finances 2002, il y a lieu de s’interroger sur le bilan provisoire de ce gouvernement.
Où en est le Maroc sur le plan de l’édification de l’Etat de droit ou du concept nouveau de l’autorité, de l’éradication du chômage, de l’intégration de la femme, de la réforme de l’enseignement, du développement du monde rural, de la lutte contre la pauvreté et de la réforme de l’administration et de la justice ? Après quatre années d’exercice, l’alternance consensuelle a atteint ses limites.
Certes, on ne peut résoudre les problèmes qui se sont accumulés au Maroc depuis plusieurs décennies. Des décennies qui ont façonné toute une génération de décideurs et pesé lourd sur la mentalité des gens, y compris dans les milieux qui se proclament de la modernité et pour la modernisation.
Certes, pour bon nombre d’observateurs, l’expérience en cours n’a pas répondu à toutes les attentes ni à toutes les ambitions; mais toujours est-il qu’elle a ouvert la voie à une étape supérieure et déterminante dans l’histoire du Maroc. Une étape où les choix politiques seront faits à la lumière de réalisations ( ou failles) concrètes et où les programmes seront désormais visibles et tranchants dans les prochaines échéances électorales. Mais encore faut-il que celles-ci soient libres, transparentes et intègres.

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