Le coup fatal

Le coup fatal

Celui qui est né pour être pendu ne mourra pas noyé. Est-ce cet adage populaire qui a scellé le destin d’Abdeslame ? En tout cas il ne lui restait qu’un mois pour qu’il reprenne son travail. Cet enseignant de trente-quatre ans rêvait de se marier et de fonder un foyer l’année suivante. Seulement, son rêve s’est évaporé en quelques secondes et sans préavis. Tout s’est passé vite ce dimanche 17 août au quartier Tandara, à Taounate, où Abdeslam est né, passé son adolescence et sa jeunesse avant de devenir enseignant dans le public. Il était, ce jour chez lui, avec ses parents avant d’apprendre qu’un simple échange d’invective avait eu lieu entre son frère et un commerçant qui occupe un local mitoyen. Il est sorti de chez lui pour calmer son frère, Abdelkader et le ramener à la maison. Abdelkader souffre d’une maladie psychique chronique au point qu’il s’énerve pour n’importe quelle futilité et perd son contrôle pour la moindre raison. Tous les habitants de son quartier le savaient et l’évitaient à tout prix. Ce comportement le dérangeait, l’énervait et le rendait plus violent encore. C’était le cas ce 17 août. Il était chez lui, en compagnie de sa famille, avant de sortir faire un tour en ville. Après quoi, il est retourné à son quartier pour se tenir dans un coin sans parler à personne. Une demi-heure plus tard, il s’est dirigé vers le commerçant du quartier. Il s’agit d’Abdellah, quadragénaire, père de famille. Il a une bonne réputation et traite bien sa clientèle. Il n’a jamais de démêlés aussi bien avec ses clients qu’avec ses amis et voisins. Cependant, personne n’a su quelle mouche l’a piqué ce jour de dimanche. Il s’est abstenu de vendre une cigarette à Abdelkader. Pourquoi ? Il ne voulait plus traiter avec lui. La cause ? Abdelkader ne lui a pas versé le prix de deux autres cigarettes qu’il avait achetées à crédit. Aussitôt, il a commencé à l’insulter avec des mots durs. Le commerçant a tenté au départ de ne pas réagir et garder son calme. En revanche, Abdelkader n’a pas voulu retenir ses nerfs et a continué à l’injurier au point qu’Abdellah, le commerçant a commencé à s’exciter. L’échange d’insultes s’éternise pour aller crescendo. Heureusement que l’enseignant, Abdeslam, est intervenu pour tirer son frère et le faire rentrer chez lui. Le commerçant s’est calmé et retourné à son commerce. Il fallait attendre un quart d’heure pour qu’Abdelkader ressorte une fois encore de chez lui pour insulter le commerçant. Ce dernier a réagi pour l’empêcher de s’en prendre à sa marchandise. Aussitôt, Abdelkader a sorti un couteau et l’a brandi en menaçant le commerçant qui semblait perdre tout contrôle. Il s’en alla chercher une arme blanche dans sa boutique. Les badauds ont essayé d’intervenir pour le calmer. Mais en vain. Quelqu’un a alerté Abdeslam, frère d’Abdelkader. Hors de lui, il est sorti en courant, il s’est adressé directement à son frère qui brandissait son couteau en criant, tentant de le calmer. Mais en vain. Se dégageant, avec un bâton à la main, Abdellah s’est attaqué à Abdelkder. Alors que ce dernier continuait de le menacer avec son couteau. Quant à son frère, il tentait de l’en empêcher. Enragés les deux protagonistes en sont venus aux mains en collant tous les deux à Abdeslam qui cherchait à les séparer jusqu’au moment où un coup fatal lui a été porté au ventre. Il s’est effondré. Les deux protagonistes en sont restés bouche-bée. Qui l’a poignardé ? C’est son frère, Abdelkader, qui a été arrêté avec le commerçant. Alors que l’enseignant, Abdeslam, il a été transporté vers un hôpital de Fès où il a rendu l’âme quelques heures plus tard.

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