Le crime de la haine

La communauté marocaine et maghrébine de Belgique est toujours sous le choc après le drame qui s’est abattu soudainement sur deux membres d’une famille marocaine installée à Bruxelles. Il s’agit de Ahmed Isnasni et de sa femme Habiba Hajji, assassinés froidement dans leur sommeil, vers 4 heures du matin du mardi 7 mai par un de leurs voisins du nom de Hendrik Vyt. Tout à sa folie meurtrière, le criminel, 79 ans, s’en prend ensuite aux enfants, Yassine, 8 ans, et Walid, 5 ans qu’il blesse grièvement, avant de mettre le feu à la maison. L’un est touché d’une balle dans la joue qui lui traverse le dos, alors que l’autre est atteint à la jambe. Affolés par les coups de feu, les deux autres enfants Kenza, 18 ans et Mouniim, 17 ans, réussissent à prendre la fuite par l’arrière de la maison pour appeler au secours. L’aînée de la famille, Hamza, était absent ce jour-là.
Quand la police débarque, Hendrik Vyt s’était déjà enfermé dans son appartement. Il lui met le feu et, depuis son balcon, tire sur tout ce qui bouge : policiers, pompiers et riverains. Les enfants blessés lancent des cris de détresse. L’immeuble est en feu.
C’est la confusion totale. La police riposte aux tirs du forcené. Il sera finalement abattu. La tuerie de 121 rue Vanderlinden, à Schaerbeek a suscité un vive émoi dans ce quartier à forte implantation maghrébine et dans toute la Belgique. On ne sait quoi penser de ce drame qui dégage des relents racistes, puisque les Isnasni, une famille paisible originaire du nord du pays, n’a rien fait à celui que l’on présente ici dans le quartier comme un fou pour mériter un tel sort.
Comment expliquer un acte aussi horrible ?
Le tueur était connu dans le voisinage qu’il terrorisait pour ses pulsions agressives et ses sympathies pour l’extrême droite, incarné par le parti Vlaams Blok. L’homme est connu des services de police. Il avait eu par le passé des démêlées avec la justice. En 1999, il avait été condamné pour violences sur mineur à une peine de six mois de prison ferme, dont il avait purgé environ la moitié. Hendrik Vyt devait comparaître le 13 mai devant le tribunal correctionnel de Bruxelles pour d’autres faits de violence. Après ce crime odieux, les langues ont commencé à se délier. La veille de son crime, Hendrik Vyt avait, selon des voisins, crié sa sympathie pour Jean-Marie Le Pen. C’est la défaite de ce dernier, dimanche 5 mai au deuxième tour de la présidentielle française, qui l’aurait mis en colère et poussé à commettre son forfait. Un autre voisin explique avoir vu le criminel tenter de pénétrer par effraction chez la famille marocaine. Un autre dit être personnellement intervenu il y a quelque temps parce que M. Vyt menaçait la mère, Habiba, d’une arme blanche. Ce drame n’aurait-il pas pu être évité si les autorités belges avait mis à temps hors d’état de nuire ce raciste qui ne faisait pas mystère de sa haine et de son agressivité ?

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