Le crime n’était pas parfait

Le crime n’était pas parfait

Vendredi 7 octobre. Ce jour coïncide avec le troisième jour du Ramadan. Le restaurant Catanzaro, spécialisé dans la cuisine italienne et les pizzas, situé à la rue Tarek Ben Ziad, quartier Guéliz, à Marrakech, vient de fermer ses portes après avoir servi le déjeûner à ses clients étrangers, non musulmans.
Quelque temps plus tard, une fumée commence à se dégager des fenêtres. Les badauds accourent de toutes parts et s’attroupent aux abords du restaurant. Tout le monde a compris que ce derniert est en train de prendre feu. Il faut appeler vite la police et la protection civile. Un voisin se charge de le faire.
En attendant leur arrviée, quelques jeunes hommes, des gardiens de voitures dans les parages ont retroussé leurs manches pour tenter de circonscrire le feu. Avec un courage remarquable, ils ont défoncé la porte d’entrée du restaurant et pénétrent à l’intérieur avec des seaux pleins d’eau. Ils versent de l’eau à gauche et à droite sans se soucier de leur état. Et ils sont arrivés à éteindre le feu avant même l’arrivée des sapeurs-pompiers qui, parait-il, ont été alertés tardivement. Du coup, les rumeurs commencent à circuler au sujet de l’origine du feu.Certains parlent de l’explosion d’une bonbonne de gaz, d’autres avancent que l’incendie s’est produit suite à une négligence. Pour les enquêteurs, qui se sont dépêchés sur les lieux, toutes les hypothèses sont possibles. A ce moment-là, le couple dont le mari, gérant du restaurant, est Marocain, arrive sur les lieux. Ce couple qui jouit d’une bonne réputation est sous le choc. L’homme et sa femme viennent de sortir du restaurant laissant derrière eux la femme de ménage qui y travaille chez eux depuis une vingtaine d’année et un peintre en bâtiment. sont-ils morts dans l’accident ? Le couple s’adresse aux enquêteurs pour savoir. Pas de réponse. Ils ne disposent pas encore d’éléments sérieux. Ils commencent par mener une enquête de voisinage en interrogeant les témoins, notamment les gardiens qui ont participé à l’extinction du feu. Après quoi, les éléments de la police y rentrent pour entamer leur constat et déterminer les causes et les circonstances de l’incendie. S’agit-il d’un accident ou d’un acte criminel? Les policiers ne tarderont pas à remarquer le corps d’une femme gisant par terre. Le peintre en bâtiment est introuvable. Les recherches se poursuivent. Les bonbonnes de gaz sont ouvertes. A côté d’eux, les enquêteurs remarquent la cendre d’une braise. La porte du bureau de service semble être défoncée. Aucun sou n’est à la caisse, alors que le couple y a laissé cinq mille dirhams. Où est donc passé l’argent ? Et le peintre en bâtiment ? Quelle relation entre la disparition de ce dernier et l’argent, l’incendie et la mort de la femme de ménage ?
Après les investigations, la police judiciaire a arrêté le peintre en bâtiment. Ce dernier a craché le morceau. Remarquant l’argent gardé dans la caisse à l’intérieur du bureau de service, il décide de le dérober coûte que coûte. Après la fermeture du restaurant, il défonce la porte et s’empare de la somme de 5 mille dirhams. La femme de ménage le surprend à l’intérieur du bureau avec le butin en main. Elle se jette sur lui, tentant de l’arrêter. Rapidement, il la pousse violemment, puis l’étrangle. Il ne la relâche qu’une fois décédée. C’esi ainsi qu’il eut l’idée de faire croire à un incendie généré par une fuite de gaz. Le crime n’était pas parfait.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *