Le désarroi du polisario

Le désarroi du polisario

Les polisariens s’agitent. Ils accablent tantôt «l’intransigeance du Maroc», tantôt «le manque de fermeté des Nations unies». A l’origine de cette effervescence : la recommandation du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, consistant à prolonger de dix mois le mandat de la Minurso.
Cette recommandation qui a été discutée au Conseil de sécurité mardi 27 avril sera, probablement, suivie d’une résolution qui tombera vendredi prochain. Alors que le Maroc ne s’est pas réjoui de cette prolongation, le polisario et une certaine presse algérienne la qualifie de concession «aux visées expansionnistes du Royaume».
Le responsable polisarien de la coordination avec la Minurso multiplie les sorties. Il a arrosé une dizaine de journaux algériens avec les mêmes propos. M’Hamed Khadad sort de ses gonds. Il ne sait plus qui pointer du doigt. Il confond l’ennemi. Est-ce le Maroc ou l’ONU ? «Nous regrettons surtout le manque de vigueur et de fermeté des Nations unies devant l’intransigeance et les violations par le Maroc du droit et de la légalité internationale», martèle-t-il.
Dans son élan, il dicte aux Nations unies la conduite à suivre. Il le fait sur le ton de l’injonction. «L’ONU devra par conséquent appliquer le plan de paix original de 1991, qui a déjà été accepté par le Maroc et le polisario». Il confère à l’ONU des attributions qui dépassent largement son rôle de médiation dans le traitement de ce dossier. Il lui ordonne de punir le Maroc pour le cas où ce pays n’épouserait pas les thèses d’une poignée de polisariens : «L’ONU doit faire comprendre au Maroc que sa position d’obstruction permanente est intolérable et ne peut rester impunie». M’Hamed Khadad brandit même la carte de la menace. La prorogation de dix mois du mandat de la Minurso va générer une «situation dangereuse qui pourra à n’importe quel moment dégénérer en un conflit ouvert».
En fait, «l’agitation de M’Hamed Khadad traduit le désarroi du polisario», nous confie une source marocaine proche du dossier. Cette source ajoute que le Maroc a clairement défini sa position : il ne rejette pas le plan de James Baker, l’envoyé personnel de Kofi Annan. Le Maroc en accepte la teneur sur la base d’une autonomie définitive du Sahara à la condition que ce territoire demeure sous souveraineté marocaine. Cette position est celle qui s’accorde le mieux avec la réalité des provinces du Sud. Elle serait en passe de recueillir l’approbation de plusieurs pays. Et c’est ce qui explique l’agitation du responsable polisarien. Ses gesticulations sont déjà les prémices d’une défaite inéluctable.

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