Le devenir de la ville en question

Pour le professeur El Yaagoubi, le dernier découpage communal, qui a donné naissance à 1546 communes, n’a servi ni les citoyens, puisque les prestations fournies par l’administration locale laissent à désirer, ni l’Etat, qui s’est trouvé impliqué de manière étroite dans le processus afin d’atténuer les conséquences négatives de la fragmentation de l’espace locale. En outre, ajoute l’auteur que le législateur et les pouvoirs publics semblent avoir misé implicitement sur les vertus des solutions fonctionnelles, telles les institutions des «syndicats de communes» et de «communes urba-ines», comme antidotes à la multiplication des entités locales. Or, selon El Yaagoubi, «ces solutions n’ont pas permis de résoudre les problèmes engendrés par la multiplication des collectivités locales de base». L’auteur affirme que c’est autour de la ville, symbole et signe d’une communauté d’hommes, que devrait reposer la réforme des structures communales, mais cette solution ne saurait en rester là. «Il n’est pas suffisant d’étendre les limites de la commune à la ville et à sa zone d’influence pour trouver une communauté. Encore faudra-t-il intégrer dans la nouvelle commune des communautés infra-communales comme le quartier, très proche des individus». Cette analyse du devenir de la ville dans l’organisation communale au Maroc s’articule autour de deux axes, le premier traite de la ville, comme cadre de «la commune unitaire». A ce niveau, M.Yaagoubi met l’accent sur la ville comme critère de la nouvelle commune et sur une réforme adaptée. M. El Yaagoubi explique alors que face au vide laissé par l’urbanisation accélérée et l’exode rural, la ville, bon gré mal gré, a pour mission de structurer la communauté au-delà de ses «remparts» et de rassembler la zone rurale environnante. Pour réaliser cet objectif ruro-urbain sur le terrain, l’auteur reconnaît que ce n’est pas tâche aisée, et signale au passage que le recours aux expériences étrangères mises en oeuvre notamment en Suède, au Danemark, en Italie, en Angleterre et en Allemagne, n’est pas non plus d’une grande utilité, compte tenu de l’originalité de leurs systèmes. L’auteur a néanmoins tenté de relever les traits saillants de l’application de cette réforme, dont l’un des aspects majeurs concerne le nombre des communes, qui sera déterminé en fonction des critères retenus pour la ville à savoir le nombre d’habitants (2000 ou 5000…). Quant au second axe qui porte sur « le quartier, comme cadre d’une communauté infra-communale », M. Yaagoubi constate qu’au Maroc, se sont créés de manière plus ou moins spontanée, au sein de subdivisions des communes, des associations, des amicales, des comités et des organismes dits de quartier. L’universitaire tient à la consolidation du rôle de revendication joué initialement par les associations et les amicales de quartier.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *