Le faux MRE faisait miroiter l’illusion de l’Eldorado

Dénoncé par l’une de ses victimes, il a été arrêté en flagrant délit, pendant qu’il la trompait pour une somme d’argent évaluée à 3500 dh. La victime savait de la tricherie, savait qu’elle allait être escroquée pour la seconde fois. Elle lui avait déjà versé une somme de 400 dh pour les frais du dossier, une grosse magouille de contrat de travail pour immigrer en France. Elle avait donc prévenu les autorités et avec leur accord, elle s’était présentée au rendez-vous fixé. Une fois appréhendé, d’autres victimes, une vingtaine de femmes, portent plainte à leur tour. Le protagoniste de cette fraude est âgé de plus de soixante ans, marié et père de trois enfants. Au niveau de son casier judiciaire, il est affiché pour une seule condamnation d’un an de prison ferme au pénitencier de la ville de Marrakech. Le délit de son emprisonnement est une affaire de chèques sans provision. Il avait livré à des particuliers, à des restaurants et même à des sociétés d’immobilier plusieurs chèques alors qu’il n’avait pas un seul centime dans son compte. Au moment où il purgeait sa peine, il avait rencontré des délinquants de tout bord, des trafiquants de drogue, des criminels, des meurtriers et surtout des escrocs avec lesquels il s’était sympathisé. Cependant la prison de nos jours est loin d’être un lieu de correction, elle est la meilleure école de la délinquance. C’est en taule qu’il a appris que le moyen le plus facile pour gagner de l’argent est celui de tromper par confiance. Une fois libéré, il quitte la capitale touristique pour s’installer chez des membres de sa famille dans la banlieue de Béni-Mellal. Le douar de sa nouvelle résidence est un petit patelin connu par la récolte des fleurs, un très beau bled qui sent la joie de vivre. Un minuscule village de quelques habitants qui ne connaissent pas le monde de l’escroquerie, qui ne savent rien de la tromperie. L’homme réalise l’ignorance des gens et lui vint l’idée d’une magouille qui fonctionnera sans le moindre doute. Il fait courir le bruit de sa tromperie : l’homme est un immigré résident en France qui se trouve dans le petit village à la recherche de femmes désirant travailler à l’étranger. Il est le représentant d’une grande société qui demande de la main-d’oeuvre féminine. Leur job sera celui qu’elles ont toujours exercé à savoir la cueillette des fleurs. Avant de commencer à contacter ses victimes, il avait préparé des documents que chaque intéressée devait remplir non pas auprès des autorités, mais par ses parents, une sorte d’autorisation pour quitter le territoire national. Pour chaque dossier, une somme variant entre 400 et 500 dh sera versée comme frais d’envoi à ladite société. Il leur a même promis de se charger des passeports et des cartes d’identité. En fait, la plupart ne possédaient aucun document d’identification. La seule exigence est celle d’avoir un acte de naissance et des photos. Bien sûr, elles doivent régler le montant des timbres nécessaires. Une fois la première victime tombée entre ses mains, toutes les filles du village la suivent. Malin comme il était, avec l’argent de la première, il avait quitté le patelin pour s’installer dans un hôtel en plein centre de Béni-Mellal. Il se rendait au village uniquement pour rencontrer d’autres victimes qui l’attendaient, prêtes à lui régler les frais d’envoi du dossier et ceux relatifs aux documents du voyage. Selon le rapport de brigade judiciaire de la gendarmerie royale, une vingtaine de femmes étaient escroquées et l’enquête est toujours ouverte. Le montant des sommes versées, s’élève à plus d’une dizaine de millions. En attendant la fin de l’enquête, il a été présenté devant le Parquet général accusé de falsification, faux, usage de faux et escroquerie.

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