Le flop d’une gestion approximative

Le flop d’une gestion approximative

ALM : Comment votre organisation évalue les élections du 12 septembre ?
Soufiane Khairate : L’évaluation des élections du 12 septembre nécessite une réflexion profonde et un débat serein, voire un recul par rapport à l’instant politique, souvent trompeur et le rejet des comportements téméraires. Force est de constater le prisme de la confusion dans le débat politique, depuis les élections communales. Nous avons l’impression, en effet, d’être incapable de déceler des clivages politiques clairs, sur la base de référents démocratiques. La gauche, la droite, l’extrême droite ou l’extrême gauche ne sont plus que des concepts creux et incompatibles avec la réalité. Deux positions se dégagent, à cet effet. La première verse dans le schéma classique portant sur l’intervention des autorités, ou ce qu’il convient d’appeler « la main invisible », et la seconde veut nous faire croire que la démocratie est déjà acquise. Les deux logiques ne reflètent, donc, plus la réalité, dans la mesure où on ne saurait parler, aujourd’hui, d’une quelconque main invisible et que la démocratie continue d’être un objectif à atteindre.
Qu’en est-il de l’USFP ?
On ne peut pas dire que l’USFP a perdu les élections, rien que parce que la mairie de Casablanca lui a échappé. Notre parti s’est présenté dans tout le territoire national et l’évaluation de ses résultats doit être faite dans un contexte global. Il ne faut pas oublier qu’il a occupé la deuxième place en termes de voix et le premier rang en ce qui concerne le nombre de présidents locaux. L’USFP a échoué en raison de la défection, en quelque sorte, de la classe moyenne vis-à-vis des élections ; laquelle classe est censée défendre le projet de la social-démocratie. Cela dit, pour expliquer cet échec, il faut avoir le courage politique et adopter les vertus de l’autocritique.
Qu’est-ce qui empêche cette procédure ?
L’absence de la démocratie. Depuis le VIème congrès, les principales résolutions sont gelées. Les instances du parti, en l’occurrence le Comité central et la Commission administrative, ne se réunissent pas régulièrement. Plus grave encore, l’absence de débat est due en grande partie à l’absence de la démocratie. Bien entendu, la main invisible était présente dans certaines circonscriptions, en raison de l’héritage du passé, mais cela ne veut pas dire qu’il y a eu une volonté préalable pour falsifier les élections.
Des observateurs attribuent cet échec à l’absence de stratégie et aux mauvaises alliances préélectorales. Qu’en dites-vous ?
En effet, nous avons assisté à une absence de stratégie globale de la part du Bureau politique. Les gens avaient l’impression d’avoir affaire à plusieurs stratégies, d’où l’émergence de calculs à vocation locale. A cela s’ajoute la mauvaise gestion des alliances.
Et à propos de la gestion médiatique de ces élections ?
A mon avis, c’est la première fois dans l’histoire du parti que son organe de presse devient législateur en termes de ligne politique. L’USFP est appelée à réunir ses instances dirigeantes pour prendre les décisions qui s’imposent. Il est donc impératif pour le Bureau politique d’assumer sa responsabilité à ce niveau. Pour nous dans la Jeunesse Ittihadia, nous ne comprenons toujours pas pourquoi nos communiqués sont censurés dans la presse de notre parti. Une question inadmissible et incompréhensible.

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