Le FVJ secoué par la contestation

Récemment, le président du Conseil consultatif des droits de l’Homme, Omar Azziman, qui était accompagné de Driss Benzekri, secrétaire général de cet organisme, a reçu les dirigeants du Forum Justice et Vérité et d’autres associations, telles l’AMDH( Association marocaine des droits de l’Homme) et l’Espace associatif.
Lors de la rencontre avec le Forum, il a été convenu de tenir d’autres réunions et d’élever le niveau de communication entre les deux parties. Or, pour plusieurs membres du Forum, depuis le 30 juin 2002, date de son premier Conseil national, élu à l’issue du congrès qui s’est tenu, les 14, 15 et 16 du même mois, les activités du Forum pour la Vérité et la Justice n’ont pas pu connaître un décollage notable. Le congrès, comme on le sait, avait connu un blocage, qui a duré plusieurs heures, et faute d’un consensus immédiat, le Conseil national issu du congrès a décidé de se faire doter d’une semaine de répit pour élire la nouvelle équipe dirigeante. Finalement un Bureau national a été élu, avec à sa tête, Mohamed Sebbar, ex-membre du Bureau exécutif du Forum. Mais depuis lors, l’action du Forum s’est distinguée par une certaine lenteur due aux séquelles de ce congrès qui se sont avérées plus profondes que certains nouveaux dirigeants ne pouvaient l’imaginer.
En effet, plusieurs groupes du Forum ont commencé à agir de manière autonome. Dans le Nord, est née, récemment, une association se proclamant pour la défense des victimes du Rif, aussi bien celles touchées par les événements des premières années de l’indépendance que celles de janvier 1984.
Pour Ilias Omari, président de cette nouvelle association, appelée Association pour la vérité sur le Rif, qui compte faire son congrès constitutif le mois prochain, il s’agit d’un cadre d’action qui diffère du FVJ. Tant par son aspect régional, se limitant au Rif, que par la nature de ses préoccupations ; lesquelles ne se contentent pas des questions relevant des indemnités et inscrivent leur démarche dans une approche globale et multidimensionnelle ( économique, politique et culturelle).
Parallèlement à cette démarche, d’autres initiatives foisonnent à travers plusieurs régions du Royaume. Dans ce cadre, les anciens détenus de Tazmamert projettent de constituer une association pour défendre leurs intérêts. Lesquels intérêts diffèrent de ceux que défendent les ex-prisonniers politiques. Entre temps, des familles de disparus penchent en faveur d’un regroupement spécifique. La famille de Houcine Manouzi, porté disparu depuis les années soixante, est allée jusqu’à adresser une lettre à ce sujet à SM le Roi.
D’autre part, des membres du Bureau exécutif du Forum, dont Abdelkrim Menouzi, ne cessent de plaider pour maintenir le centre de réhabilitation des victimes de la répression loin du Forum. Le centre, lui, est jusqu’à présent sous tutelle du FVJ. Un fait provisoire, de l’avis de tous, y compris pour Mohamed Sebbar, secrétaire général du FVJ. A tous ces problèmes s’ajoute la question de la nomination de Driss Benzekri, en tant que secrétaire général du CCDH, qui n’est pas encore digérée par des membres de la gauche radicale, qui voient en cette initiative un recrutement de la part des autorités d’un de leurs dirigeants.

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