Le grand malheur de Malika

Mercredi 25 décembre, vers 20h. Malika, vingt-sept ans, une taille svelte et un visage rond aux beaux yeux, descendit du bus. Elle était à son job au quartier industriel, à Berrechid. Le problème des moyens de transport la contraint, chaque fois, à arriver tard chez elle. Lorsqu’elle descend du bus, elle doit marcher quelques centaines de mètres avant d’arriver chez elle.
Aucune de ses collègues ne l’accompagnait parce qu’elles demeurent loin d’elle. Elle n’a, encore cette fois, qu’à prendre seule le chemin, à destination de chez elle. «Que Dieu me préserve du mal», implore-t-elle lorsqu’elle reprend ce chemin, surtout durant ce mois de pluie et de froid. Malika avançait précipitamment au point que la vitesse de ses pas dépasse celle des battements de son coeur. Elle marchait tout droit sans tourner la tête. Elle craignait d’être agressée ou violée par des malfrats. Certes, personne ne l’a dérangée durant une année et demie, depuis qu’elle travaille et rentre tard chez elle. «Mais tout est possible», pense-t-elle. La route est presque déserte et ouvre l’appétit aux délinquants.
Tout à coup, elle se rend compte que deux jeunes marchent derrière elle. La suivent-ils ? Elle n’en sait rien. Mais d’un pas à l’autre, elle a remarqué qu’ils s’approchent d’elle et elle a augmenté la vitesse de ses pas. Les deux jeunes étaient dans un état d’ivresse. Ils buvaient du vin rouge depuis 16h, après avoir agressé deux passants. Personne n’a pu les dissuader de leurs actes criminels. Malika continuait son chemin, quand l’un d’entre eux l’a attrapée et l’a tirée vers lui. Elle a crié, demandé du secours. Mais sans résultat. L’autre a brandi un couteau à cran d’arrêt. Malika a tremblé de peur, les a suppliés de la relâcher sans toucher son corps. Elle leur a ouvert son sac leur en offrant le contenu. Le premier n’a pas hésité à lui administrer des coups de poing et de pied. Malika est tombée par terre en pleurant. Le second agresseur lui a demandé de se taire «ou je vais te tuer», la menace-t-il. Elle n’a pu résister. Les deux délinquants ne désiraient que son corps. Ils lui ont ôté ses vêtements. Malika, qui tremblait de peur, frissonnait de froid. Et pourtant, elle n’a pas hésité une seconde à les supplier de la relâcher, de la libérer. Mais en vain. L’un des deux agresseurs l’a frappée violemment jusqu’à ce qu’elle ait obtempéré. Les deux délinquants ont commencé à la violer à tour de rôle, sans clémence. Quand elle pleurait à haute voix, l’un d’eux la maltraitait. Elle a fermé enfin sa bouche laissant ses larmes, seules, couler en cascade. Vers minuit, le duo a abandonné la malheureuse et a pris la poudre d’escampette. A pas lents, elle est arrivée chez elle; ses parents l’attendaient. «Je t’ai cherchée partout», lui dit son père. Sa mère pleurait. Elle leur a raconté l’histoire. Le lendemain, Malika s’est rendue au commissariat de la police pour déposer plainte. Elle a relaté les faits en détail aux policiers.
Ces derniers ne sont pas restés les mains croisées, ils ont entamé aussitôt leurs investigations et leurs recherches. Deux jours plus tard, le duo a été mis hors d’état de nuire. Ils s’appellent Saïd et Mohamed, âgés respectivement de vingt-quatre et vingt-six ans. Ces deux repris de justice ont été mis entre les mains de la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Settat. Et Malika, qui a décidé de ne plus aller à son boulot, oublierait-t-elle ce cauchemar ?

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