Le jeune désespéré se suicide au gaz

Le jeune désespéré se suicide au gaz

Deux événements tragiques viennent d’endeuiller deux familles voisines en l’espace d’une journée. Ce faisant, l’une a perdu une fille dans la fleur de l’âge dans un mortel accident de circulation. L’autre par contre, son malheur a été de constater le suicide de l’un de ses membres, asphyxié par l’échappement d’une bonbonne de gaz, dans sa chambre. Cela s’est produit à Amal 2, une localité à Yacoub El Mansour au cour de la semaine dernière. Qu’est-il donc arrivé d’aussi terrible à Mounir, ce jeune étudiant de 28 ans, pour qu’il mette un terme à sa vie, lui qui avait pourtant commencé à reprendre goût à la vie après sa cure d’analyse caractérielle chez un psychiatre de la place? La réponse est claire comme l’eau de roche. Sa voisine Ilham, 26ans, qui était en même temps son amie d’enfance, sa camarade de lycée et sa fiancée à l’université a disparu en un clin d’oeil. C’était une demoiselle pleine de charme et de vertu. Elle rêvait depuis des lustres de fonder une famille avec Mounir pour qui elle était prête à décrocher la lune. D’après les témoignages de leurs familles respectives, le lien qui les unissait n’avait jamais souffert d’une quelque mésentente, depuis leur scolarité commune à l’école Omar Ibnou Abdelaziz . Arrivés au stade de l’adolescence, ils commençaient d’ores déjà à forger des projets ensemble pour l’avenir qui leur semblait prometteur. Cela étant, Mounir décrocha sa licence en sciences économiques en 1999. Fort content de ce diplôme, il se mit avec un enthousiasme débordant à chercher du travail pour traduire ses aspirations d’antan dans la réalité. Une année plus tard, Ilham parvint de son côté à obtenir sa licence en littérature anglaise. Toutefois, au bout de 3 ans de quête ardue dans l’espoir de dénicher un emploi, fut-il modestement payé, Mounir se heurta à des déceptions tous azimuts. Toutes ses démarches entreprises en ce sens se soldèrent par un échec cinglant. De fil en aiguille, ce jeune diplômé-chômeur commençait à manifester des signes patents de dépressions nerveuses. Ses rêves lui paraissaient partir en fumée et son désir de nouer une relation conjugale avec l’élue de son coeur lui semblait désormais impossible. Par voie de conséquence, ses nuits de cauchemar s’enchaînèrent au fil des jours en faisant de lui un maniaco-dépressif. Sur ce constat, sa famille, qui se faisait du mouron pour lui, l’emmena alors chez un spécialiste de la neuropsychiatrie en vue de le soumettre à un traitement adéquat, susceptible de le débarrasser son état neurasthénique. En l’espace de quelques mois, les résultats furent probants, étant donné le retour progressif de Mounir à sa nature normale. Durant cette épreuve pénible, Ilham, sa promise, s’était montrée d’un dévouement exemplaire pour celui qui revenait de loin. Il est vrai qu’elle aussi, n’avait pas eu tellement de succès dans ses continuelles recherches de travail, seulement, solide comme elle était, elle n’avait pas perdu l’espoir pour autant. En fait, ayant décidé à prendre leur mal en patience, ces deux tourtereaux avaient fini par faire bon coeur contre mauvaise fortune en attendant des jours meilleurs. Se retrouver au bas de la roue est une situation qui n’aura pas à durer le restant de notre vie, devaient se suggérer en guise de réconfort. Néanmoins, encore une fois la vie va se montrer injuste à leurs égards. Celle qui apportait la joie à sa famille et constituait l’unique raison de vivre pour Mounir sera fauché par la mort après que le calme et la sérénité avaient gagné l’existence de ce dernier. Acculé dorénavant à subir les malheurs sans nombre qui s’abattent impitoyablement sur lui, il a pris la ferme résolution d’attenter à sa vie pour mettre fin à ses terribles souffrances et rejoindre sa bien-aimée à l’au-delà. En effet, avant de s’abandonner dans les bras de Morphée pour une ultime fois, il a ouvert le bec d’une petite bonbonne de gaz en la plaçant près de son lit. Le lendemain, son corps a été retrouvé bien froid.

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