Le juge français chargé de l’enquête Ben Barka a commencé sa mission

Arrivé vers 11H00 (locales et GMT) dans les locaux de la Chambre criminelle de la Cour d’appel il s’est refusé à toute déclaration. Assisté d’un interprète, il a commencé immédiatement ses entretiens avec le juge d’instruction marocain Jalal Sarhane chargé du dossier.
Selon une source proche du dossier à Paris, le juge Patrick Ramaël souhaitent auditionner plusieurs personnes dans le cadre d’une commission rogatoire internationale (CRI).
Cette commission rogatoire est prévue aux termes d’un accord de coopération entre les ministères de la Justice des deux pays, a-t-on indiqué à Rabat. Ces personnes n’avaient pu être entendues par les autres juges d’instruction français qui ont été chargés du dossier avant M. Ramakl.
Ce sont notamment de hauts responsables de la sécurité à l’époque d’Hassan II et de personnes qui pourraient être impliquées dans la disparition de Ben Barka.
"Il s’agit d’un premier contact pour enclencher le processus auprès de la justice marocaine, qui est invitée à collaborer pour que toute la lumière soit faite sur ce dossier", a-t-on appris des source judiciaire.
"Le magistrat français doit transmettre à son homologue marocain son approche pour diriger cette instruction, notamment écouter toutes les parties liées ou impliqués dans cette affaire", a-t-on souligné de même source.
Chef charismatique de l’opposition de gauche au roi Hassan II, Mahdi Ben Barka avait été enlevé en 1965 à Paris devant un grand restaurant et, selon toute vraisemblance, assassiné. Mais l’affaire n’a jamais été élucidée, malgré divers témoignages et de multiples recours introduits au Maroc comme en France.
Me Maurice Buttin, avocat français de la famille de l’opposant marocain, est attendu mardi à Rabat.
L’Union socialiste des forces populaires (USFP), fondée par Mehdi Ben Barka, a déposé plainte avec constitution de partie civile en 2003 pour que "la lumière soit faite sur cette disparition".
La durée du séjour du juge français au Maroc n’a pas été précisée. Sa mission à Rabat intervient quelques jours avant la fin de l’élaboration d’un rapport final sur les violations des droits de l’homme au Maroc commises lors des "années de plomb" entre 1956 et 1999.
L’Instance équité et reconciliation (IER), issue du Conseil consultatif royal sur les droits de l’Homme, a entrepris près de 18 mois d’investigation pour faire la "lumière" sur ces "années de plomb". La teneur de son rapport final devrait être en principe annoncée le 30 novembre à Rabat.
En octobre 2004, la Commission consultative du secret de la Défense nationale française a approuvé la déclassification des informations du dossier de Mehdi Ben Barka.
Au Maroc, le ministre de la Justice a désigné un juge d’instruction près la cour d’appel de Casablanca pour exécuter la commission rogatoire émanant du magistrat français, Patrick Ramaël.

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