Le lait du Sahara

Le lait du Sahara

Dans la province de Laâyoune, comme dans l’ensemble des provinces du Sahara, d’ailleurs, l’élevage a été sans doute l’une des principales activités des populations locales. Le nomadisme était très répandu. Au fil des années, à cause essentiellement du conflit artificiel créé par l’Algérie, les éleveurs ont énormément souffert car leurs déplacements sont devenus de moins en moins fréquents. Mais depuis quelques années, la situation a commencé à évoluer dans le sens positif.
En effet, la création de la première coopérative laitière dans la région témoigne de cette avancée. Malgré un contexte économique extrêmement difficile, dix éleveurs ont réussi à percer dans le domaine de l’élevage bovin et de la production laitière. Tout a commencé en 1996; ces éleveurs ont créé la coopérative laitière de Sakia Al Hamra, avec un capital de 220.000 DH. Ils disposaient d’un local exigu en plein centre de Laâyoune, où ils ont installé, grâce à l’aide du ministère de l’Agriculture, deux machines, l’une pour l’emballage du lait et l’autre pour sa pasteurisation. La coopérative disposait d’un seul véhicule nécessaire à la collecte du lait auprès des fermiers. En somme, le lancement de ce projet a été assez difficile. Malgré cela, et en un an, la production du lait est passée de 300 litres à une tonne par jour.
Après ce succès indiscutable, la wilaya de Laâyoune est intervenue pour aider ces coopérants. En 1997, la coopérative a obtenu un terrain de 2 hectares, proche des fermes des éleveurs, pour pouvoir y installer une usine en bonne et due forme. La machine d’emballage manuel a été remplacée par une automatique, beaucoup plus performante. « Son prix ne dépasse pas les 150.000 DH, alors que les machines européennes coûtent pas moins de 400.000 DH » assure le président de la coopérative, Dahmane Talbi. Et pour cause, elle est 100% « made in Morocco ». Son concepteur est un jeune promoteur d’Agadir.
Une fois installée dans sa nouvelle usine, la coopérative a poursuivi son élan. Elle a constaté un crédit de 500.000 DH auprès de la CNCA et dispose également d’un laboratoire de contrôle de la qualité du lait. Plusieurs employés de la coopérative ont suivi des stages de formations au ministère de l’Agriculture et chez des concurrents à Tétouan (Colenord) et à Errachidia.
Aujourd’hui, la coopérative laitière de Sakia El Hamra compte 22 coopérants et traite six tonnes de lait brut par jour. Elle en produit du lait, du petit-lait et même du beurre qui, selon Dahmane Talbi, est spécialement apprécié par les clients de la coopérative. Celle-ci emploie, directement, quinze ouvriers au sein de l’usine et indirectement plus de 150 personnes.
En visitant l’usine de la coopérative, on s’aperçoit aisément que l’ensemble des éleveurs ont accompli des efforts considérables pour la réussite de leur projet.

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