Le malaise de Derb Ghallef

Derb Ghallef, un lieu qui regorge de diverses activités économiques et commerciales dans la capitale économique du pays, depuis longtemps. Une plaque tournante de l’économie formelle et informelle du pays. L’espace est connu à travers tout le territoire national.
Une pièce de rechange qu’on ne trouve pas parfois même chez le constructeur existe dans ce vieux marché. Il suffit aux visiteurs étrangers à Casablanca de prendre un petit taxi et demander au conducteur le lieu en question. C’est un repère. Pendant tous les jours de la semaine, l’activité bat son plein. Cependant, ces deux dernières années, les choses commencent à changer. Une régression est enregistrée dans tous les types de commerce. Est-ce les prémices de la fin du vieux marché aux puces, « Joutiya » ? Telle est la question qui se pose et s’impose dans le secteur.
Hamid, 52 ans, marchand de chaussures dans ce marché depuis plus de vingt ans ne cache pas son inquiétude à propos de la régression de l’activité ces dernières années. Régression qu’il impute à la construction des immeubles dans tous les espaces entourant le souk. « Les automobilistes ne trouvent plus où stationner leurs voitures. Chose qui les pousse à aller ailleurs. Pendant l’acheminement de l’approvisionnement, le problème de l’embouteillage gêne beaucoup les transporteurs qui demandent des prix exorbitants. Cet état de choses se répercute négativement sur notre activité », explique ce vieux marchand.
Dans le même sens, Mohamed, 46 ans, vendeur de matériels électroménagers dans le marché en question pendant quinze ans, ajoute que l’encerclement du souk par les routes et les constructions s’est répercuté négativement sur son activité. Et de préciser que l’anarchie qui y règne, petites ruelles, et le manque de réseau électrique ainsi que d’autres infrastructures, qui existent maintenant au souk de Lokréâ, annoncent que le marché ne durera pas longtemps. La chute des prix des fonds de commerce explique bien qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans le bon sens. Certains parlent d’un transfert du souk en question vers Sidi Messaoud. Une rumeur ou une réalité ? Une chose est sûre. Certains marchands ont vendu leurs échoppes pour aller s’installer au souk Lokéâ. Ce dernier, après l’incendie, qui l’a ravagé en fin 2000, a connu une restructuration et une organisation ayant permis le décollage des activités actuellement.
Un autre facteur a également été à l’origine de la désertion des bons clients. L’étroitesse des ruelles du souk favorise les pratiques des pickpockets, notamment pendant les week-ends quand le marché connaît une forte affluence.
Il est à souligner que le marché aux puces de Derb Ghallef n’est pas à l’abri d’un incendie. En effet, l’utilisation des bonbonnes de gaz et des groupes électrogènes pour l’éclairage, l’abondance des produits inflammables et la nature des baraques augmentent les risques d’un éventuel sinistre.

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