Le malaise des commerçants

Les marchands du célèbre marché aux puces de Derb Ghallef à Casablanca ne savent plus à quel saint se vouer. L’activité accuse une nette régression ces derniers temps. Régression que les commerçants imputent à plusieurs facteurs. Depuis vingt-cinq ans, le souk en question était une plaque tournante de l’économie formelle et informelle du pays. Un repère.
Connu à travers tout le territoire national. Pendant tous les jours de la semaine, l’activité bat son plein. En ce temps, pour avoir un lot de terrain pour pouvoir y construire une échoppe, il fallait débourser, en noir, un acompte qui varie entre 80.000 et 150.000 dirhams, outre les autres charges, taxes et impôts. Et l’affaire était juteuse.
Maintenant, les choses ont changé, notamment après la restructuration et la réorganisation du souk Kréaâ. Les bonnes choses ont toujours une fin. « ça ne marche pas. Les clients ont déserté ce souk et préfèrent aller s’approvisionner à Kréaâ. Le souk est encerclé par les immeubles, ils ne trouvent plus où stationner leurs voitures. Le même problème gêne les transporteurs grossistes qui trouvent du mal à accéder à Derb Ghallef pendant l’acheminement des marchandises. Tout ça se répercute négativement sur les activités du marché. Et ce sont nous qui payons le prix de cet état de choses », affirme Mohamed, 48 ans, commerçant du matériel électroménager dans ce vieux souk depuis plus de dix ans. Les problèmes relatifs à une partie du terrain de Derb Ghallef est également à l’origine du malaise de ces marchands. Ils étaient installés au départ provisoirement après l’incendie qui avait ravagé la joutya du quartier il y a vingt-cinq ans. Et ils savaient qu’un jour, ils vont fermer boutique et déménager ailleurs. En plus, l’anarchie qui sévit annonce les prémices d’une fin. Certains disposent de deux autorisations, l’une de la Wilaya et l’autre de la commune urbaine de Maârif pour exercer leurs activités, alors que d’autres, la majorité, ne sont autorisés que par la commune. Avant, on fermait les yeux sur derniers. Mais aujourd’hui, ils sont obligés d’avoir la deuxième autorisation pour pouvoir continuer à exercer leurs activités sur les lieux. Le circuit n’est pas du tout aisé.
Dernièrement, l’association des commerçants a voulu aménager des toilettes à l’intérieur sur souk. Une question d’hygiène qui s’impose dans cet espace. Le président de la commune urbaine de Maârif a donné son aval pour la construction, mais les services de la Wilaya n’ont pas été du même avis. La réponse était catégorique. « Pas de construction, il fallait trouver où déménager ». Le transfert se profile à l’horizon. Quand et comment ? Plusieurs paramètres sont à prendre en considération. D’ailleurs, certains marchands ont anticipé sur cette crise en vendant leurs fonds de commerce sur place pour aller s’installer au souk Kréâa.

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