Le malfrat qui aimait les mineures

Elle marche hâtivement pour arriver tôt chez elle à Sidi Othmane. Le soleil se couche un peu tôt ces derniers jours de l’automne. Les aiguilles des montres indiquent déjà 17h 45 mn et elle ne peut rester à la rue au-delà de 18h. Elle craint d’être agressée sur son chemin, plus ou moins désert et qui sépare l’autoroute du quartier Sidi Othmane. Elle avait entendu maintes histoires d’agressions perpétrées dans ces lieux qu’elle traverse presque quotidiennement sans compagnie. Certes la police ne reste pas les mains croisées, mais les agressions ne cessent jamais de faire des victimes. Tout a coup, elle arrête ses pas. Qu’est-ce qu’il lui est arrivé? Elle remarque un jeune homme étendu sur l’herbe, son ventre par terre en convulsions. Est-il effectivement victime d’une crise épileptique ?, pense-t-elle. Elle ne doit pas passer sans le secourir. Le devoir humanitaire l’incite à se pencher sur le jeune homme. Deux pas en avant et elle se fige sur place comme un statue. Qu’est-ce qu’il lui est arrivé encore une fois ? Elle ne croit pas à ses yeux et reste bouche-bée avant de lancer un cri strident, attirant l’intention d’un passant qui emprunte le même chemin et qui court vers elle. Elle se contente de lui indiquer le jeune homme qui se lève en tremblant et une fillette qui reste à côté de lui, le slip descendu vers ses genoux. Le jeune homme boutonne son pantalon et tente de s’enfuir. Seulement, le jeune et la femme ont fait leur possible pour l’attraper et solliciter d’autres personnes qui étaient un peu plus loin du lieu pour les aider à maintenir le jeune homme. Profitant d’un brouhaha total, la petite fille disparaît. Où est-elle allée ? Et qui est-elle d’abord ? s’interrogent les limiers de la police judiciaire quand ils arrivent. Pas de réponse. Le jeune homme maintenu en détention nie avoir été en compagnie d’une fille. Il se prénomme Ahmed. Sa relation avec l’adolescente n’est autre que des prétentions et des mensonges, explique-t-il à la police. Pourquoi ment-il? La connaît-t-il auparavant ? Toujours sans réponse. Il clame haut et fort son innocence. Et pourtant les éléments de la brigade mondaine l’ont conduit vers le commissariat. Là, il a continué à se disculper, à protester en frappant au bureau du chef de la brigade avant de se tenir debout et cogner sa tête contre le mur. Les policiers interviennent pour le calmer, mais difficilement. A ce moment, une femme fait son irruption au bureau, explique au chef que la fille disparue s’appelle Kawtar et qu’elle demeure près de chez Ahmed. Les investigations menées aussitôt par les enquêteurs finissent par l’identification de la fille et le repérage de son domicile. Elle vient d’arriver de l’école quand les policiers se présentent devant elle pour lui demander si sa mère est disponible pour l’accompagner au commissariat. Un laps de temps par la suite, sa mère arrive. Une fois la fille rentrée au bureau de la brigade, elle lance un regard sur le jeune homme qui est assis sur une chaise, elle ne tarde pas à dire à sa mère que c’est lui qui l’a violée…Il ne peut rien dire devant Kawtar, âgée de 14 ans qui l’accuse de détournement et viol. Les investigations policières révèlent que Kawtar est son énième victime. Il avait déjà purgé, en 1988, pour le même motif une peine de deux ans de prison ferme pour attentat à la pudeur sur une mineure. Quand il a été relâché, il n’a pas renoncé de suivre les petites filles, les détourner en leur proposant des sommes d’argent ne dépassant pas 15 dirhams ou sous la violence. Il avait déclaré à la police qu’il ne retient pas ses désirs quand il croise une fillette ne dépassant pas 14 ans, qu’il désire passer à n’importe quel prix quelques moments avec elle et qu’il avait déjà fait la proposition à Kawtar, il y a quatre mois. Seulement, elle a refusé. Il fallait attendre ce jour de décembre quand il vient de faire la prière d’Al Âsr et se prête à se rendre au Souk Chtayba pour acheter des sacs en plastique. Quand il l’a croisée et s’est assuré que personne ne passait, il a abandonné toutes ses courses pour se concentrer sur elle, il s’est avancé vers elle ; l’a saisie par force, l’a conduite vers le lieu, plein d’herbes. Il l’a jetée par terre, lui a descendu le slip et l’a violée avant l’arrivée de la femme qui l’a sauvée de ses mains. Ahmed qui n’a pu donner un nombre exact de ses victimes, a été traduit devant la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca.

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