Le mariage ne fait plus rêver les marocains

Le mariage ne fait plus rêver les marocains

Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) innove dans la redite : selon l’une de ses récentes études, les jeunes gens hésitent à contracter mariage et, quand il leur arrive de franchir le pas, c’est le plus tard possible.

Pourtant, relèvent les analystes de l’institution de la statistique : le mariage est encore largement considéré comme une valeur religieuse et sociale de référence. Ce qui conduit à chercher ailleurs les causes qui font que l’âge moyen où l’on contracte mariage a reculé entre 1960 et 2010.

Car cet âge a reculé, et qui plus est, dans des proportions qui ne laissent pas d’intriguer. Les femmes se sont en effet mariées en moyenne à 26,6 ans en 2010, soit 9,3 ans plus tard qu’en 1960. Autrement dit, en arrondissant, les femmes mettent en moyenne 10 ans de plus à se décider au mariage en 2010 qu’en 1960.

Ce qui donne 6 mois d’hésitation chaque année qui passe. En même temps que ce célibat grandissant des jeunes femmes, le mariage précoce lui aussi a fait peau de chagrin. En effet, le mariage des 15-19 ans qui concernait 20% des filles en 1982 n’en intéresse plus que 150 mille, chiffre qui représente 9% de cette tranche d’âge. Dans ce nombre, 120 mille sont d’ailleurs âgées entre 18 et 19 ans.

Ceci dit, il n’en reste pas moins qu’au moins 30 mille femmes se sont mariées quand elles n’avaient pas encore l’âge légal (18 ans).

Autre tendance forte en ce début de 21ème siècle : le mariage est de moins en moins apprécié tant en ce qui concerne les femmes que les hommes. Avec cependant une progression plus notable de ce phénomène chez les femmes où, il est vrai, il part de proportions plus faibles. En 2010, le célibat à 50 ans atteint 6,7% parmi les femmes (contre 0,9% en 1994) et 5,8% parmi les hommes (contre 2,9%).

Le cousinage et l’endogamie (mariage à l’intérieur du groupe familial élargi aux branches collatérales éloignées), jadis valorisés par les traditions patriarcales soucieuses de maintenir la cohésion familiale ou la sauvegarde du patrimoine, a régressé de 33% en 1987 à 21% en 2010. Le taux d’endogamie avec un cousin germain est resté quasiment stable entre 1995 et 2010 (16,3 et 15,5% respectivement) alors que celui avec un parent éloigné a connu une baisse sensible passant de 13 à 5,1%.

Parallèlement à cette évolution, le divorce a régressé. Car si dans les années 1960, le tiers des premiers mariages (31%) se terminait par un divorce, ce taux n’est qu’à peine de 10% en 2010.

Il est à noter que la proportion des femmes qui ont divorcé lors d’un 1er mariage est plus élevée durant les cinq premières années de vie conjugale (supérieure à 30%) et qu’elle baisse progressivement pour se situer à des niveaux inférieurs à 3% au-delà de 20 ans de mariage. La proportion des divorces a également tendance à baisser avec l’augmentation du nombre d’enfants. Elle passe de 19,8% parmi les femmes n’ayant pas d’enfants à 8% parmi chez celles ayant 4 enfants et plus. En considérant le sexe de l’enfant, les femmes ayant au moins un garçon divorcent deux fois moins (8,8%) que celles qui n’ont pas de progéniture mâle (16,3%).

Enfin les femmes mariées à leurs cousins germains ou autres parents éloignés (endogames) connaissent moins le divorce (7%) que celles n’ayant aucun lien familial avec leurs conjoints (11,3%).

Enfin les cas de divorces sont deux fois plus élevés parmi les femmes n’ayant aucun niveau d’instruction que parmi celles ayant un niveau d’instruction supérieur (11,5% contre 5,8%). Détail croustillant : les femmes actives divorcent plus fréquemment (17,1%) que celles qui sont inactives (8,7%).

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *