Le mariage précoce touche 11% des adolescentes au Maroc

Le mariage précoce touche 11% des adolescentes au Maroc

La situation des adolescents au Maroc laisse toujours à désirer. Dans son dernier rapport sur la situation des enfants dans le monde 2011, intitulé «L’adolescence : l’âge de tous les possibles», l’Unicef dresse un constat alarmant. A commencer par le mariage des adolescents. Au Maroc, 11% des filles âgées entre 15 et 19 ans sont mariées. A ce sujet, l’Unicef note dans son rapport que «les jeunes filles courent le risque de se retrouver dans une situation d’impuissance au sein de la maison familiale de leur mari, éloignées de leurs amis du même âge et d’autres sources de soutien. Cette impuissance les rend d’autant plus vulnérables à la maltraitance et peut les condamner à effectuer une part excessive des tâches domestiques». 8% des Marocaines âgées entre 20 et 24 ans ont accouché du premier enfant avant l’âge de 18 ans. Le document souligne que 64% des adolescentes marocaines âgées de 15-19 ans pensent qu’un mari est en droit de frapper sa femme dans certaines circonstances. Par ailleurs, on peut lire dans le rapport que le taux de scolarisation dans l’enseignement secondaire durant la période 2005-2009 est de 79% pour les garçons contre 81% pour les filles. S’agissant du VIH, seulement 12% des Marocaines âgées entre  15 et 19 ans ont une connaissance de la maladie. Selon l’Unicef, les adolescents marocains (âgés de 10 à 19 ans) sont 6,2 millions soit 20% de la population totale. Le rapport donne également un état des lieux du travail des enfants au Maroc. 9% des garçons (âgés entre  5 et 14 ans) travaillent contre 8% des filles. «Les adolescents accomplissant un nombre d’heures de travail excessif ou travaillant dans des conditions dangereuses sont peu susceptibles de terminer leurs études, ce qui réduit d’autant leurs chances d’échapper à la pauvreté», souligne le rapport. Au niveau mondial, le rapport relève qu’une vaste majorité des adolescents soit 88 % vivent dans les pays en développement. Ils font face à de nombreux défis, liés en particulier au marasme économique actuel, au changement climatique et à la dégradation de l’environnement, l’urbanisation galopante et la migration, le vieillissement des sociétés, la hausse des coûts des soins de santé, et l’escalade des crises humanitaires. Selon le rapport, si l’on investit en faveur des quelque 1,2 milliard d’adolescents âgés aujourd’hui de 10 à 19 ans, il sera possible d’enrayer l’engrenage de la pauvreté. «L’adolescence est une période charnière – elle offre l’occasion de consolider les acquis obtenus lors de la petite enfance mais c’est aussi une époque au cours de laquelle ces acquis risquent de se volatiliser», a déclaré le directeur général de l’UNICEF Anthony Lake. Et d’ajouter «Nous devons nous focaliser davantage sur la façon d’atteindre les adolescents – les filles en particulier -, sur les investissements dans l’éducation, la santé et d’autres mesures à prendre pour les faire participer au processus d’amélioration de leur propre vie».

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