Le Maroc et la Turquie resserrent leurs liens

Le Maroc et la Turquie resserrent leurs liens

Le Maroc et la Turquie multiplient les ballets diplomatiques. Après la visite en Turquie les 6 et 7 avril du Premier ministre Driss Jettou et celle effectuée, du 15 au 17 avril, par le ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Eau et de l’Environnement, Mohamed El Yazghi, c’est au tour du président du Parlement turc de rendre la politesse aux Marocains.
Le président de la Grande Assemblée nationale turque, Bulent Arinç, est arrivé lundi au Maroc et y restera quatre jours. Son programme est chargé. Invité par son homologue marocain Abdelouahed Radi, Bulent Arinç aura une séance de travail avec le Premier ministre, Driss Jettou, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Mohamed Benaissa et le président de la Chambre des Conseillers, Mustapha Oukacha.A son départ d’Ankara, Bulent Arinç a indiqué que «les relations historiques entre la Turquie et le Royaume du Maroc, pays frère et ami, remontent à des centaines d’années et se développent actuellement à grande cadence, du fait qu’il n’y a aucun obstacle sur la voie du développement de ces relations fondées sur des intérêts mutuels».
La concordance de vues des deux parties, que ce soit aux Nations unies ou à l’Organisation de la conférence islamique est en effet sans faille. «Malheureusement,leséchanges économiques et commerciaux entre les deux pays ne sont pas à l’unisson de l’excellence des relations diplomatiques», explique à ALM Najib Boulis, député du PJD et président du groupe parlementaire d’amitié maroco-turc. Une grande impulsion a été pourtant donnée aux échanges commerciaux entre les deux pays. L’accord de libre-échange, conclu le 7 avril entre le Maroc et la Turquie, est le premier du genre qu’Ankara signe avec un pays arabe et africain.
A cet égard, la délégation, formée de quatorze membres, qui accompagne le président du Parlement turc a pour objet d’accélérer les modalités d’application de cet accord. «L’ALE doit être gagnant-gagnant, c’est pour cela que nous nous attachons à calmer les appréhensions de nos amis turcs, tout en défendant les intérêts du Maroc», ajoute Najib Boulis.
Jusque-là,les échanges commerciaux entre les deux pays sont restés faibles. Ils n’ont pas dépassé 246 millions de dollars en 2003. Et le Maroc est déficitaire dans ces échanges de 100 millions de dollars. Une plus grande pénétration du marché turc par les entreprises marcaines est donc attendue.
Au reste, les échanges commerciaux entre les deux pays profitent mieux à Ankara, parce que certaines sociétés turquesspécialisées, particulièrement en matière de travaux publics, sont déjà implantées au Maroc. Et d’autres sont très intéressées par les accords de libre-échange signés entre les Maroc et les Etats-Unis. Elles peuvent créer des succursales dans notre pays en vue d’exporter vers les Etats-Unis.Si tout le monde s’accorde à louer les relations diplomatiques entre Rabat et Ankara, la politique n’en sera pas pour autant marginalisée. Le dossier du Sahara sera abordé. M. Boulis précise à ce sujet : «La Turquie a toujours porté un regard bienveillant sur la position du Maroc, mais nous attendons d’elle un soutien plus appuyé».

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