Le Maroc perd un grand ami

Le Maroc perd un grand ami

Cheikh Zayed Al Nahyane, un grand ami du Maroc, s’est éteint mardi dernier. SM le Roi Mohammed VI a immédiatement décrété trois jours de deuil. Le drapeau national sera mis en berne dans toutes les administrations marocaines et dans les représentations diplomatiques à l’étranger.
Feu Cheikh Zayed Al Nahyane, président des Emirats arabes unis, était un des plus importants chefs d’Etat qui militait pour une parfaite intégration arabe. A cet effet, il considérait le Maroc comme un partenaire et un allié inconditionnel de son pays. En témoigne l’amitié profonde et sincère qui le liait à Feu Hassan II. La relation entre le Maroc et les Emirats a commencé dès l’indépendance de ce pays en décembre 1971. Feu Hassan II a immédiatement nommé Abdelhadi Tazi comme ambassadeur non-résident du Maroc à Abou Dhabi. A l’époque, Abdelhadi Tazi était en poste à Bagdad.
Au fil des années, la relation entre le Maroc et les Emirats, grâce à l’impulsion des deux chefs d’Etat, a connu un essor sans précédent.
La présence émiratie au Maroc a ainsi été développée à travers plusieurs axes. Humanitaire, tout d’abord. A titre d’exemple, le président défunt a financé un nombre incalculable de projets à caractère social au Maroc.
Dans le domaine de la santé, notre pays compte deux hôpitaux Cheikh Zayed. L’un à Rabat qui a coûté la bagatelle de 500 millions de DH et l’autre à Aïn Beni Methar dans la région de l’Oriental. Cheikh Zayed octroyait une importance toute particulière à la région de l’Oriental. A Oujda, le président défunt a financé plusieurs projets de santé dont notamment l’ouverture d’un service de cardiologieet des vaisseaux au sein de l’hôpital Razi de la capitale de l’Oriental. Cheikh Zayed était également très sensible au domaine de la protection de l’enfance et de l’intégration de la femme et la fille rurales. Plusieurs orphelinats au Maroc portent son nom, notamment à Fès, Meknès et Témara. Des quartiers ont également été baptisés du nom du président défunt, particulièrement dans l’Oriental, à Settat et à Berrechid.
Outre le domaine purement social, Cheikh Zayed accordait également de l’importance au développement économique du Maroc. Ainsi, les Emirats arabes unis ont participé au financement de plusieurs barrages ainsi qu’à la promotion du secteur agricole et partant, à l’amélioration du niveau de vie des populations du monde rural. Cheikh Zayed donnait régulièrement ses instructions au Fonds Abou Dhabi pour le développement économique et social (FADES) pour participer financièrement au développement économique du Maroc. C’est ainsi que le FADES a débloqué 300 millions de dollars pour la construction du port Tanger-Méditerranée. Ceci sans compter la participation du Fonds dans des capitaux bancaires, et l’investissement dans les domaines de la pêche, de l’aluminium et des cimenteries.
L’intérêt des investisseurs émiratis pour le Maroc, et sous l’impulsion des deux chefs d’Etat défunts, le président Cheikh Zayed et le Roi Hassan II, est également illustré par la création de la Société maroco-émiratie pour le développement (SOMED). Cette société d’investissement est essentiellement présente dans le secteur des pêches, l’hôtellerie, l’industrie et l’import-export. D’un autre côté, Cheikh Zayed était un allié politique indéfectible pour le Maroc.
Grâce à sa politique de promotion de la paix et de la stabilité dans le monde arabe, Cheikh Zayed est intervenu, à maintes reprises, pour apaiser les tensions entre le Maroc et l’Algérie. D’ailleurs, le président défunt n’a cessé de rappeler son soutien total au Maroc dans l’affaire du Sahara, considérant les provinces du Sud une partie intégrante du Royaume. De même que Feu Hassan II a milité avec ferveur pour parvenir à une solution politique au problème des trois îles revendiquées par les Emirats et l’Iran, à savoir, la Petite et la Grande Tanab et Abou Moussa. Le fils de Feu Cheikh Zayed, le Cheikh Khalifa Ben Zayed Al Nahyane, a succédé à son père comme gouverneur de l’Emirat d’Abou Dhabi, l’une des sept émirats qui composent l’Etat. Juste après l’annonce du décès du président, un Conseil suprême des Emirats s’est constitué, afin de choisir le prochain président des Emirats arabes unis.

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