Le Maroc présente sa politique pénale devant l’ONU: Qu’a-t-il été fait pour lutter contre la criminalité ?

Le Maroc présente sa politique pénale devant l’ONU: Qu’a-t-il été fait pour lutter contre la criminalité ?

C’est devant l’assemblée générale (AG) des Nations Unies que le Maroc a exposé, mercredi dernier, sa politique en matière de justice pénale. En sa qualité de Délégué interministériel aux droits de l’Homme, Mahjoub El Haiba a passé en revue les avancées du Royaume et les défis auxquels il fait face dans sa lutte contre la criminalité. De quoi a-t-il été question ?

Le Maroc a pris part et a co-initié aux côtés du Qatar, la Thaïlande,  l’Italie et le Mexique un débat de haut niveau autour de la prévention du crime et la place que cette mission devrait occuper dans les agendas de développement post-2015. Pour le Royaume, cette lutte ne passera pas sans réformes sociales.

«L’approche du Maroc vise à éradiquer le crime à travers le développement humain et durable, le renforcement de la cohérence et de la solidarité sociale, et l’éradication des racines favorisant la croissance du crime et de la délinquance», a indiqué El Haiba lors de son intervention. En effet, depuis 2012, l’Etat a procédé à une refonte de sa stratégie et a décidé d’allouer 54% de son budget à la politique sociale. “Ce chiffre ne dépassait pas les 41% au début des années 90», apprend-on auprès de la même source.

Libérer des fonds étant loin de résoudre le problème de la fragilité sociale ou encore d’éradiquer celui de la criminalité, adopter une approche de proximité était inévitable pour le Maroc. C’est dans ce sens qu’en 2005, l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) a vu le jour.

Un projet présenté comme sociétal dont l’objectif majeur consiste en l’éradication de la marginalisation ou de l’exclusion, sans doute considérées comme premières graines du développement de la criminalité. En termes de politique pénale toutefois, le champ de bataille du Maroc reste miné. Des réformes ont abouti, d’autres sont en cours mais la justice connaît un bon nombre d’obstacles. Comme l’a souligné M. El Haiba, «plus la justice est faible et souffre de manque d’indépendance, plus la criminalité évolue et croît».

Il a ainsi mis le point sur le fait que la criminalité devient un boulet qui retarde le développement humain et par conséquent, un frein au développement de l’Etat de droit. Ce fléau contribue selon lui «à saper les fondements de la paix, de la sécurité et la quiétude des individus et des communautés». Fondements dont l’absence serait dangereuse aujourd’hui plus que tout autre temps. S’ajoute à cela le crime transnational organisé.

Trafic de drogue, traite, terrorisme et séparatisme, autant de dangers qui guettent non seulement le Maroc mais toute la région, voire le monde. Dans ce sens, El Haiba a rappelé que le Maroc n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme et le danger qu’il représente sur la sécurité et la stabilité, «notamment au Sahel, dans notre continent africain, et dans le monde en général», a-t-il indiqué tout en s’arrêtant sur la stratégie antiterroriste du Maroc. Une politique qui, selon lui, fait preuve de vigilance et de flexibilité et qui a pour objectif premier «d’assécher les terreaux du fanatisme et d’éradiquer ses racines qui mettent en péril».

En plus des projets de restructuration et de prévention dans lesquels le Maroc s’est lancé, le délégué interministériel a précisé qu’un dialogue national d’une grande envergure a été lancé et a été couronné par l’adoption d’une Charte nationale pour la réforme du système judiciaire, avec l’objectif notamment de consolider l’indépendance du pouvoir judiciaire, de moraliser son système et de moderniser l’administration judiciaire. «Dans ce même sens, trois autres projets de loi ont été élaborés pour la création d’un observatoire de la délinquance, d’une banque des empreintes génétiques et la médecine légale», a-t-il ajouté.

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