Le Maroc se fait du mauvais sang

Le Maroc se fait du mauvais sang

Malgré le fait que les banques de sang et les Centres de transfusion sanguine, au Maroc, ne souffrent pas d’une pénurie, leurs réserves demeurent insuffisantes. La Journée mondiale de don de sang, célébrée aujourd’hui, mardi 14 juin, est l’occasion de faire un bilan. Il convient de préciser que le nombre des donneurs, ne dépasse guère les 200.000 par an. Le pays compte actuellement près d’une quarantaine de Centres de transfusion sanguine et banques de sang.  «Le problème qui se pose actuellement aux différents centres et banques de sang, c’est l’irrégularité. En fait, les gens viennent massivement pour donner leur sang lors des campagnes de sensibilisation, mais sont peu nombreux pour le reste de l’année», précise Dr. Mechhouri Aziz, président de l’Alliance marocaine des associations de donneurs de sang. Et d’ajouter que «le don du sang devrait être une pratique régulière et spontanée. Et ce en raison de la durée de la conservation du sang». En fait, la saisonnalité du don handicape les centres de transfusion sanguine. 
Après le prélèvement, cette quantité du sang est analysée, puis fractionnée en plaquettes, globules rouges et plasma. Pour les plaquettes, la durée de la conservation ne dépasse guère les cinq jours, tandis que pour les globules rouges la durée de conservation est de près de vingt jours. S’agissant du plasma, les centres peuvent le garder plusieurs semaines. «Au-delà de ces délais, ces plaquettes, globules rouges et plasma ne seront plus utilisables.
Parfois, surtout lorsque des jours fériés précédent un week-end, l’on ressent un manque énorme pour les réserves de plaquettes», ajoute-t-il. C’est d’ailleurs pour cette raison que les centres et les banques de sang ont besoin, régulièrement, d’être alimentés en sang. Le coût que supporte l’Etat pour chaque don, y compris les analyses et les différentes étapes de la conservation, est évalué à 800 dirhams. 
Par ailleurs, la Chambre des représentants a adopté, récemment, un projet de loi relatif au don du sang. Ce texte met l’accent sur le principe de «vigilance dans l’utilisation du sang» au niveau des hôpitaux et des cliniques, une manière d’être conforme aux dernières techniques en matière de transfusion sanguine.
Dans le même sillage de la garantie d’une sécurité au donneur et au receveur de sang, ce nouveau texte a prévu la création d’un «comité de sécurité de transfusion».
Cette nouvelle organisation aura comme mission l’activation de la coopération entre les établissements hospitaliers privés et les différents centres de transfusion sanguine. «Il faut dire que ce comité existait bel et bien, mais d’une manière officieuse. En l’officialisant, ce comité jouera un rôle primordial quant à la traçabilité. De cette manière, l’on évitera davantage les divers incidents qui peuvent arriver lors d’une transfusion sanguine», affirme Dr. Mechhouri Aziz. 
Ce projet de loi renforcera donc l’arsenal juridique en matière de sécurité de transfusion et suivi du receveur du sang.
Pour encourager les gens à donner leur sang, d’une manière régulière, l’Alliance marocaine des associations de donneurs de sang a, désormais, des contacts directs avec des associations. «L’on préfère se déplacer chez des associations dans des dates fixes, pour ne plus souffrir d’un manque. Une méthode de travail que nous allons installer avec les sociétés, les entreprises, les ministères… D’autant plus qu’à l’été, les gens ne viennent que rarement, et c’est lors de cette période que l’on a plus d’accidents», note Dr. Mechhouri Aziz.

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