Le ministère de la Justice monte au créneau

Le ministère de la Justice monte au créneau

Mettre l’université marocaine à l’abri de toute insensibilisation politique et extra-universitaire. C’est ce qui ressort d’une récente sortie médiatique du directeur des Affaires pénales et des grâces au ministère de la Justice, Mohamed Abdennabaoui. Dans une déclaration à la chaîne qatariote «Al Jazira», le responsable a affirmé que «les cas de dépassements portant atteinte aux biens et aux personnes, ou encore  d’exploitation de l’enthousiasme des jeunes à des fins extra-universitaires, ont justifié l’intervention des forces de sécurité dans la limite de la loi», ajoutant que les évènements survenus notamment à Errachidia et Meknès se réduisent à «des actes de vandalisme estudiantins  isolés», qui ont été traités par les forces de sécurité dans la limite de la  loi. «Il s’agit d’évènements isolés et de différends entre étudiants, qui  surviennent dans toutes les universités du monde», a-t-il estimé, regrettant "la politisation de cette affaire", en insistant sur le fait que «les libertés au Maroc sont garanties». A rappeler que, fin mai dernier, les facultés d’Errachidia et Meknès, entre autres, ont été le théâtre d’affrontements tragiques entre des étudiants du Mouvement culturel amazigh (MCA) et des activistes du parti « Annahj » (Voie démocratique). Après le meurtre d’Abderrahmane Al Hassnaoui, un étudiant en géophysique originaire de Guelmim, il y a une dizaine de jours à la cité universitaire d’Errachidia, à la suite d’affrontements violents qui ont fait également six blessés, c’était au tour d’un étudiant à la Faculté des sciences juridiques et des sciences économiques de Meknès, Snoui Mohamed Taher, de payer le coût de l’intolérance.
Le 22 mai, alors qu’il était de retour à la mi-journée de la Faculté de droit de Meknès, ce dernier, originaire de la ville de Rissani, a été abordé par une dizaine d’inconnus sur la voie publique au quartier Sidi Saïd, situé à proximité de cette faculté. Armés d’armes blanches et de barres de fer, ces derniers ont asséné à la victime plusieurs coups qui ne lui laissent aucune chance de survie.
Selon un témoin oculaire, un étudiant qui a requis l’anonymat, «la victime a fait l’objet d’une agression sauvage», s’interrogeant sur le réel mobile de «l’acharnement hystérique contre le défunt». «Bardés d’objets tranchants, les agresseurs se sont acharnés contre lui (la victime) au point d’avoir complètement défiguré son corps», raconte-t-il, indigné par la sauvagerie du crime. Le 10 mai, à proximité de la Faculté des sciences de Meknès, «un groupe d’activistes du Mouvement culturel amazigh, composé d’une quarantaine de personnes, avait attaqué des militants basistes, en proclamant des slogans contre l’arabité et en revendiquant la supériorité de l’amazighité», rappelle-t-il, faisant constater que «les activistes amazighs ont radicalisé cette année leur discours». Ces derniers auraient promis de porter «l’affrontement avec les basistes bien au-delà d’Errachidia», qui a été il y a dix jours le théâtre d’un affrontement sanglant entre des activistes du MCA et du parti «Annahj» (Voie démocratique). Bilan : un mort (Abderrahmane Al Hassnaoui, originaire de Guelmim) et six blessés (Rachid El Kadiri, Idir Benameur, Brahim Tahiri, Mohamed Oulhaj, Rachid Hachimi et Abdelaziz Essaïdi).
De l’avis de plusieurs universitaires, ces affrontements sont le résultat d’une «vieille guerre de leadership entre les activistes amazighs et ceux de l’extrême gauche».

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