Le nationalisme à visage démocratique

La démocratie peut-elle devenir le bouclier de l’intégrité territoriale et du nationalisme? Alors que dans certains pays, celui-ci a ouvert la voie à des exactions en ce qui concerne la montée du chauvinisme et la violation des droits de l’Homme – des individus et des groupes -, et engendré des guerres sans merci, dans le cas échéant, la complémentarité entre ces deux éléments est devenue d’une nécessité quasi absolue.
Historiquement, l’on pourrait dire que le nationalisme a constamment été lié à la lutte pour la libération. Aussi, c’est grâce à la volonté propre des Sahraouis que les régions du Sud sont restées liées au royaume. En revanche, ce sont les exactions en matière des droits de l’homme et des comportements relevant d’abus de pouvoirs qui ont poussé des jeunes Sahraouis, dans les années soixante-dix, à quitter le Maroc pour rejoindre les camps des séparatistes en Algérie.
L’ingratitude affichée par ces jeunes à l’encontre de leur pays a été encouragée par des Etats étrangers, dont l’Algérie. Mais, depuis lors, le mouvement séparatiste, de par le monde, s’est essoufflé. La chute du mur de Berlin a pesé lourd sur certains Etats dont les régimes se nourrissaient des conflits internationaux et des contradictions qui secouaient leurs voisins, comme c’est le cas pour l’Algérie, qui s’est réveillé, en octobre 1988, sur l’une des émeutes les plus sanglantes de son histoire moderne. La rente pétrolière, qui finançait les convoitises et illusions des dirigeants, s’est avérée, en fin de compte, incapable d’arrêter l’hémorragie économique et la guerre civile.
Si, à présent, les donnes ont changé, c’est parce que des politiques ont échoué et d’autres ont triomphé. Face au capitalisme d’Etat, au monolithisme politique algériens, les Marocains ont opté pour le pluralisme culturel et politique et le libéralisme économique, et l’histoire leur a donné raison.
En d’autres termes, si le Maroc, constitue l’une des démocraties émergentes les plus en vue au niveau du monde arabe, c’est parce que ses dirigeants ont eu l’audace et la clairvoyance d’inscrire leur démarche dans une stratégie de développement durable. Conformément à une tendance générale, à vocation libérale, qui prévaut dans le pays, la dimension sécuritaire qui régnait au sein de la société a commencé à reculer devant le progrès irréversible de la démocratie. Dans l’ensemble du territoire national, l’on travaille d’arrache pieds pour mettre en place le dispositif juridique à même de garantir l’autonomie des régions et de consolider la démocratie locale.
Dans cet ordre naturel et progressif du développement, les tendances contestataires, qui alimentaient le séparatisme, ont commencé à tenir un ton modéré. Dans les sphères de l’autorité, l’on est convaincu que les approches sécuritaires sont coûteuses, inefficaces, injustes et n’ayant aucun avenir. Un bilan qui a été brossé, dans les années quatre-vingt, par feu Hassan II, qui prend corps aujourd’hui, à la lumière de la pratique réelle et qui fait de la question du Sahara une locomotive de développement, non une technique de camouflage des vrais problèmes de la Nation.

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