Le PAM met en cause l’Intérieur après l’invalidation de la maire de Marrakech

Nouveau rebondissement dans l’affaire de l’annulation des élections au niveau de la circonscription de Ménara à Marrakech. Le PAM, dont le bureau national a tenu, mardi 14 juillet, à Marrakech, une réunion extraordinaire pour examiner les causes et les répercussions de la décision de l’annulation, a fermement dénoncé les agissements des autorités locales de la ville. Selon un communiqué établi à l’issue de cette réunion, le PAM a accusé le wali de Marrakech d’être responsable de la détérioration que connaît la gestion de la chose locale à Marrakech. Le communiqué du PAM affirme dans ce cadre que le wali et certains de ses collaborateurs «ont reçu des instructions verbales pour imposer leur tutelle au maire Fatima Zahra Mansouri, lui demandant de déléguer la gestion de la commission de l’urbanisme à l’un des membres du bureau, de fermer l’œil sur certains dossiers suspects, de laisser la gestion des dossiers structurants aux soins du wali pour qu’il s’en charge personnellement et de soutenir l’ancien président de la région pour qu’il retrouve son poste». Selon la même source, certains présidents d’arrondissements ont également reçu les mêmes instructions. Selon le PAM, ces agissements illustrent un désir ardent de ces responsables administratifs de monopoliser la gestion de la ville de Marrakech, notamment dans certains dossiers qu’ils estiment importants.
«Le bureau national du PAM a dénoncé ce comportement qui constitue un mépris à l’égard de l’action des instances élues, notamment dans la ville de Marrakech où les dernières élections ont favorisé l’émergence d’une élite intellectuelle et politique responsable», a indiqué le PAM.
Le communiqué précise, en outre, que cette «désinvolture» et cette «condescendance» vis-à-vis de cette élite constituent un coup dur pour la démocratie et une tentative d’usurpation des prérogatives des élus, ainsi qu’une marque de défiance à l’égard des capacités de la femme. «Les membres du bureau national estiment que la tentative de faire avorter une telle opération aura des répercussions graves sur l’immunisation du processus démocratique dans notre pays, par delà le fait qu’elle contrarie tout le cheminement accompli pour consolider ce processus», affirme la même source. Par ailleurs, le communiqué indique que le bureau national du PAM s’est également encquis de certains faits qui ont accompagné l’élection de Fatima Zahra Mansouri et l’annonce de la décision de son annulation. Le communiqué du bureau s’étonne dans ce cadre de la fuite du bulletin de vote unique qui porte le cachet du ministère de l’Intérieur. Il dénonce, en outre, le fait que la notification de la plainte s’est limitée au seul plaignant et au wali de Marrakech sans que les autres parties concernées ne soient avisées. Le bureau qualifie également d’étrange le fait que tous les conseillers communaux directement concernés par cette décision judiciaire l’aient apprise à travers les médias nationaux .
Ceci étant, le bureau national du PAM a dénoncé ces pratiques qui, selon lui, menacent le processus de réforme que le Maroc a engagé depuis la dernière décennie, a décidé que tous les responsables des conseils élus de la ville de Marrakech observent une grève de 48 heures renouvelables quant à certaines de leurs charges. Cette démarche de protestation devant être suivie, selon le communiqué, par tous les conseils élus de la région Marrakech-Tensift-El Haouz, laquelle grève devrait être étendue ultérieurement à toutes les municipalités et communes rurales dont les affaires sont gérées par le PAM. Le bureau national a aussi décidé de boycotter la rencontre d’information que le ministère de l’Intérieur devait tenir, jeudi 16 juillet, au siège de son département.

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