Le paradoxe

Le bidonville de Nouaceur n’a de joli que le nom : Ennakhil (Palmeraie). Appellation en référence à 2 ou 3 palmiers qui existent encore dans cet amas de taudis insalubres. Témoignage de l’époque de la présence ici de la base américaine, cette zone était couverte alors de ces arbres résistants dans un décor de verdure.
Tout cela est désormais révolu. Après le départ des Américains il y a un peu plus de trois décennies, les lieux furent squattés par des populations issues de l’exode rural. Des baraquements improvisés sont nés comme des champignons, sous le regard passif, sinon complice, des autorités locales et communales. Des années et des années de laxisme, alors que le problème nécessitait une action urgente, ont ainsi enfanté un monstre à la porte d’entrée du Maroc.
Le pays des paradoxes ! Non loin de là est érigé le parc technopôle qui intéresse de grandes multinationales du high tech.. L’espace occupé par le bidonville Ennakhil peut être utilisé pour accompagner cette dynamique technologique : des hôtels, des restaurants et autres équipements pour les passagers étrangers qui n’ont pas besoin de descendre jusqu’en ville. La modernité est un tout. Elle ne saurait s’accommoder de demi-mesures. En outre, s’agissant de l’image du pays, il ne faut surtout pas confondre le problème de fond et les fonds du problème !

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