Le parcours d’un combattant

Mohamed Elyazghi est sans aucun doute un homme d’une grande expérience politique. Il a ses propres méthodes de travail. Sa discrétion apparente cache en fait une ébullition interne et une approche des questions politiques en profondeur. Les militants de l’USFP estiment que c’est le responsable qui a le plus d’attache (et de contrôle) sur les bases du parti. Né le 28 septembre 1935 à Fès, Mohamed El Yazghi s’est lancé très tôt dans le monde de la politique et du syndicalisme. Il a notamment participé à la scission de 1972 de l’UNFP et de l’UMT. Lors du premier Congrès de l’USFP en 1975, il fut nommé membre du bureau politique. Lors des années de plomb, ses péripéties avec les autorités furent très nombreuses. En 1973 il a été victime d’une explosion par colis piégé qui lui a causé de graves blessures aux mains, aux bras et au visage. Mohamed El Yazghi fut jugé puis emprisonné à plusieurs reprises. Sa première arrestation date de 1963, à la suite de laquelle il s’exila en France puis retourna au Maroc en 1965. En septembre 1981, à la suite d’un procès, Elyazghi fut condamné à un an de détention puis déféré en compagnie de Abderrahim Bouabid et Mohamed Lahbabi à la prison de Missour dans la région de Khénifra. Après l’intervention du président français François Mitterand, les trois hommes furent relâchés. Sa première campagne électorale pour les législatives, il l’a vécu contre M’hamed Douiri à Fès. Ce dernier, un responsable istiqlalien, était à l’époque son propre ministre puisque Elyazghi occupait le poste de chef du bureau du budget de l’équipement au ministère des Finances. A cause de l’interventionnisme des autorités, Elyazghi n’a finalement pas réussi à siéger dans le premier Parlement du Maroc. Mais la chance a fini par sourire à cet enfant terrible de la Gauche marocaine. Tour à tour, il a été élu député de Kénitra (1977-1983 et 1984-1992), conseiller municipal de Rabat (1983-1992), député de Rabat en 1993 et réélu en 1997. En 1992, Abderrahim Bouabid nomme deux hommes au poste de 1ers secrétaire-adjoints: Mohamed Elyazghi et Abderrahman Youssoufi. Après la mort de Bouabid, Elyazghi aurait fait campagne auprès des autres membres du bureau politique de l’USFP pour l’élection de Abderrahman Youssoufi. Elyazghi a également été un des acteurs principaux des négociations entre Feu Hassan II et les partis de la Koutla pour la mise en place du gouvernement de l’Alternance consensuelle. C’est ainsi qu’en 1998, il fut nommé à la tête du super-ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Environnement, de l’Urbanisme et de l’Habitat. Il fut reconduit au sein de l’exécutif par SM Mohammed VI, à la suite des législatives de septembre 2002 au poste de ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Eau et de l’Environnement. Après des études primaires et secondaires à Fès et à Rabat, Mohamed Elyazghi a obtenu son baccalauréat au collège Moulay Youssef et au lycée Gouraud à Rabat. Ancien élève de l’Ecole nationale d’administration de Paris, il est titulaire d’une licence en droit de la faculté de droit et sciences économiques de Rabat. Avocat du barreau de Paris puis de Rabat, Elyazghi a assumé les fonctions de directeur du quotidien en langue arabe Al Mouharrer (1975-1981), de secrétaire général du syndicat national de la presse marocaine (1977-1993) et de directeur du quotidien marocain en langue française, Libération. Elyazghi est marié et père de deux enfants, Omar et Ali.

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