Le phénomène de l’obésité inquiète les Français

10 % des enfants de dix ans seraient désormais victimes d’un surpoids manifeste, mais le plus inquiétant est que ce chiffre aurait doublé en vingt ans, selon les experts.
Le travail de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSRM) a consisté en une expertise collective, c’est à dire la compilation et l’étude par un collège de spécialistes de toutes les données disponibles sur le sujet. S’il n’existe pas encore de définition internationale de l’obésité de l’enfant, contrairement à l’obésité de l’adulte, les médecins considèrent néanmoins que lorsque l’enfant présente un surpoids de 20 %, par rapport au poids moyen défini par sa taille, il entre dans la catégorie de ceux qui sont en train « d’installer » leur « obésité ».
« On considère qu’à 4 ans déjà, la moitié des obésités sont installées et qu’à 6 ans, la totalité des enfants obèses sont repérables », estime le docteur Pierre Doyard, qui soigne des adolescents obèses depuis vingt-cinq ans.
Dans son ouvrage «trop nourri, mal nourri», le médecin pédiatre Pierre Doyard, tente d’alerter les parents, les éducateurs et les médecins, en vue de faire de leur mieux pour enrayer le phénomène: «tout passe par l’éducation à la nourriture et la prévention, estime t-il. Malheureusement, notre société de consommation a découvert les enfants comme clients de friandises et de sodas, très réceptifs à la publicité…»
Pour lui, il faut avant tout cesser de chercher une cause unique à l’obésité: « il est évident qu’il y a une part d’hérédité génétique dans ce phénomène, une autre liée au contexte social, économique et culturel. D’autres facteurs dépendent plus de ressorts psychologiques liés à l’histoire personnelle et familiale de l’enfant ».
Il préconise de « faire appel à l’intelligence et à l’esprit critique des adolescents ou des parents des enfants trop gros ». « Si l’on décortique avec eux les publicités qui encouragent le grignotage, si on explique les principes de base de la diététique, tout en les aidant à réfléchir, sur l’origine de leurs mauvaises habitudes alimentaires, alors on obtient des résultats à long terme ».

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