Le PJD accable le gouvernement

Le PJD accable le gouvernement

ALM : Qu’est-ce qui justifie le ton alarmiste du communiqué diffusé par votre parti mercredi?
Saâd Eddine Al Othmani : Ce communiqué a fait suite à la première réunion de la direction du parti. Il livre un diagnostic de la situation politique et sociale du pays. Une situation qui nous semble extrêmement préoccupante, compte tenu de la mollesse de l’action du gouvernement, de son manque d’initiative et de sa faiblesse.
Pouvez-vous détailler ce que vous voulez dire par là ?
Nous voulons un gouvernement fort et cohérent pour faire face à la crise. Or l’actuel gouvernement cafouille, bafouille. Il ouvre des chantiers qu’il ne fait pas aboutir. Il parle depuis des années d’une Assurance maladie obligatoire et nous ignorons si elle verrait le jour. Il prend le contre-pied des engagements pris par les précédents gouvernements. L’ancien gouvernement avait inscrit «la santé pour tous en 2000» comme l’une de ses priorités, celui-ci augmente les prix de la santé, privant de la sorte une large population d’un service public fondamental. Au lieu d’aller de l’avant, ce gouvernement recule.
Ne pensez-vous pas que vous êtes en train de faire de la démagogie, puisque le budget du gouvernement ne permet pas de faire des miracles ?
Pas du tout ! Nous établissons le constat d’une crise que personne ne peut nier. Nous ne dénonçons pas l’inertie du gouvernement pour le plaisir de le faire, mais parce que notre rôle de parti de l’opposition nous dicte d’attirer l’attention de l’opinion publique lorsque le gouvernement manque à ses devoirs. Si l’argent manque, d’accord. Mais que le gouvernement engage un débat national franc pour pointer du doigt les problèmes. Il n’y a peut-être pas de miracle, mais il existe des solutions.
A votre avis, à quoi tient la supposée inertie que vous dénoncez dans l’actuel gouvernement ?
Nous avons affaire à un gouvernement faible avec des problèmes structurels. Il est composé de trop de partis politiques et compte beaucoup de postes ministériels. Les huit partis du gouvernement appartiennent à des pôles irréductibles : droite, gauche, centre. Comment voulez-vous qu’il y ait de la cohérence politique quand les partis composant ce gouvernement divergent sur l’essentiel.
Et que préconisez-vous ?
Un gouvernement ramassé, homogène. Et pour cela, il faut réduire le nombre de partis politiques qui le composent. Et cela ne peut être possible tant que le mode de scrutin par liste n’est pas réformé. Aujourd’hui, pour être représenté au Parlement ou dans les communes, il faut obtenir 3% de voix. C’est trop peu et ça laisse le champ libre à trop d’intrusions. Nous réclamons un minimum de 5% de voix pour avoir la légitimité de représenter le peuple. Ce pourcentage est de 10% en Turquie, par exemple.
Peut-être que les choses pourraient changer avec la nouvelle loi sur les partis politiques …
Mais où est cette loi ? Hier, j’en ai parlé avec des membres du gouvernement et des chefs de partis politiques, et personne n’était en mesure de donner des détails sur cette loi. Pourtant, le Premier ministre avait annoncé sa naissance pour le mois d’avril dernier. Et avec les recommandations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à l’occasion du discours de la Fête du Trône, cette loi est devenue urgente. Pourtant, nous l’attendons toujours.
Cherchez-vous à entrer au gouvernement ?
Cette question n’est pas d’actualité. Personne ne nous a rien demandé. Et puis, c’est le Conseil national du PJD qui prend une décision de cette importance. Mais pour qu’il se réunisse pour en débattre, il faudrait qu’on nous demande d’abord si nous voulons bien faire partie du gouvernement.

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