Le polisario épinglé par la Mauritanie

Le polisario épinglé par la Mauritanie

Dans le cadre d’une vaste campagne de lutte contre l’immigration clandestine, les éléments de la police mauritanienne ont arrêté, le week-end dernier dans la ville de Zouerate (830 km au nord-ouest de Nouakchott), trois éléments du polisario en flagrant délit de trafic humain. En effet, ces trois individus font partie d’une horde de mercenaires spécialisés dans le passage d’immigrés clandestins venus des pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie. Ces candidats à la recherche de l’Eldorado européen sont acheminés à travers le nord de la Mauritanie jusqu’aux frontières marocaines, par des bandes de passeurs polisariens, fins connaisseurs des pistes difficiles d’accès.
L’agence MAP, qui a annoncé cette arrestation, a souligné, citant des sources sûres en Mauritanie, que les immigrés clandestins ont facilement identifié leurs trois passeurs. Il s’agit des dénommés Ali Ould Mohamed Ould Laâroussi, alias Ali Ould Lembidiq, Mohamed Ahmed Ould Ahmed et Tidouzi Abdeslam.
Ces individus ont été arrêtés à bord de véhicules tout-terrain immatriculés dans les camps de Lahmada, à Tindouf, sur le sol algérien. C’est justement à bord de ces 4×4 que les clandestins étaient transportés et acheminés jusqu’à la frontière marocaine.
Par ailleurs, d’autres membres de cette même bande de passeurs sont activement recherchés par la police mauritanienne. Parmi eux figurent Leghdef Ould Laaroussi et Oulahcen Wabiah.
Certains sceptiques pourraient se poser la question de savoir pourquoi le polisario s’adonnerait à ce genre de trafic. La réponse est simple. Il y a au moins trois bonnes raisons à cela.
Tour d’abord, il y a la quête de l’argent facile. Les polisariens sont passés maîtres dans cette discipline. Inutile de rappeler les détournements de l’aide humanitaire destinée aux civils séquestrés dans les camps de Tindouf et qui finit dans les marchés mauritaniens et maliens.
Deuxième raison: le polisario a toujours essayé par divers stratagèmes de pousser la Minurso à prendre en charge le dossier des immigrés clandestins. Or, le mandat de la Minurso est clair. Il se limite au maintien du cessez-le-feu. D’ailleurs, le gouverneur Hamid Chabar, chargé des relations avec la Minurso, rappelle qu’il y a quelques mois environ, « le polisario a exercé un chantage sur la Minurso dans le but de l’impliquer dans la réception de plusieurs immigrés clandestins ». Mais la mission onusienne a refusé de tomber dans le piège algéro-polisarien. En fait, le polisario souhaite vivement que l’affaire du Sahara se complique et prenne des tournures incontrôlables. Mais le Maroc veille au grain. Rabat a toujours attiré l’attention des instances internationales sur les trafics de tout genre perpétrés par le polisario dans la zone à l’est du mur de défense. C’est un territoire non contrôlé où prolifèrent les mafias des cigarettes, de l’alcool, des denrées alimentaires et de l’immigration clandestine. Au sommet de la hiérarchie polisarienne, chaque haut responsable a sa propre mafia et son secteur d’activité, à l’image d’un « Monsieur sucre » ou d’un « Monsieur alcool », en Algérie.
Pour la première fois, le secrétaire général des Nations Unies a soulevé le problème de l’immigration clandestine dans son rapport sur le Sahara. Bon nombre de clandestins sont régulièrement abandonnés par le polisario en pleine zone sécurisée.
Enfin, la troisième raison est indiscutablement celle qui consiste à gêner le Maroc par n’importe quel moyen. En déversant quotidiennement des dizaines d’immigrés clandestins sur le territoire marocain, les stratèges algéro-polisariens tentent ainsi de donner du fil à retordre au gouvernement marocain au moment où ce fléau est érigé en priorité par l’Union européenne. Peine perdue.

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